Les dénonciateurs dans des affaires de corruption sont-ils protégés en Algérie ? La loi n° 06-01 du 20 février 2006 relative à la prévention et à la lutte contre la corruption n’est pas suffisamment explicite à ce sujet. Si son article 45 évoque la protection des témoins, le suivant met en avant les «dénonciations abusives».

La gendarmerie nationale enquête sur une grosse affaire impliquant des employés du port d’Oran. Des pots de vin ont été versés par des armateurs étrangers. Il s’agit entre autre de frais d’accostage au port ou de dédouanement. Plusieurs interrogatoires ont été menés durant le mois dernier. Le DG de cette infrastructure va être convoquer dans les prochains jours, indique  le quotidien arabophone «El Khabar» dans sa livraison d’aujourd’hui.

Tout a commencé lorsque un cadre de ce port a déposé une plainte pour corruption auprès du chef du groupement local de la gendarmerie qui a immédiatement déclenché une enquête. Ce dernier a été, par le plus grand des hasards, mis à la retraite récemment. Et si ce dénonciateur s’est directement dirigé la gendarmerie, c’est parce que les plaintes déposées auprès des juridictions compétences n’ont pas abouti.

Le principal dénonciateur a demandé en date du 24 mai dernier la protection des services de sécurité. Il affirme qu’il a reçu des menaces de mort. Un autre cadre a fait de même, le 29 juillet dernier. En rentrant de vacances forcées – la direction du port l’a mis en congé contre son gré durant deux mois –, il a lui aussi reçu des menaces. En somme, après avoir dénoncé de graves faits de corruption, la direction du port d’Oran les a «sanctionnés» par des congés forcés, des mutation, etc.

Notons que l’enquête suit son court.

Elyas Nour