Plusieurs courants salafistes algériens ont appelé à boycotter l’élection présidentielle algérienne prévue le 17 avril prochain. Ce boycott ne s’appuie guère sur des considérations politiques. Non pas du tout. Pour de nombreux Chouyoukhs du salafisme algérien, voter est tout simplement « Haram ».

Ils s’appellent Mohamed Ali Ferkous,  Abdelmalek Ramdani ou Abdelghani Aouisset, ces figures incontournables du salafisme algérien ont pris une position ferme à l’égard de l’élection présidentielle algérienne. Pour eux, aller voter le 17 prochain est une façon de s’adonner à un péché. Dans leurs fatwas, ces leaders salafistes n’ont pas dénoncé un régime politique précis. Ils ne visent pas un candidat concerné ou s’élèvent contre la fraude électorale. C’est tout le processus démocratique et la tenue d’un scrutin présidentiel qui ne trouvent guère grâce à leurs yeux.

Sur son site web personnel, le cheikh algérien Mohamed Ali Ferkous explique clairement que la « Charia considère que les régimes démocratiques par toutes leurs méthodes sont l’une des formes de Chirk (polythéisme) ». Les régimes démocratiques et leurs modes d’emploi « annulent la souveraineté du Créateur ainsi que Son droit absolu de légiférer des lois, pour le rendre un droit appartenant aux créatures », s’indigne encore ce penseur salafiste. Enfin, Mohamed Ali Ferkous une élection démocratique « est contraire à l’autorité de la nation en Islam. Car en Islam la souveraineté appartient à la Charia, tandis que la nation ne peut point légiférer en matière de religion ce qu’Allah n’a pas permis ». Tout est donc dit !