Les candidats à la présidentielle ne sont pas les seuls à faire campagne en Algérie. Fief des boycotteurs depuis que des élections y sont organisées, notre pays connaît une fois de plus une campagne de rejet, cette fois-ci pour le scrutin présidentiel du 9 Avril prochain.

Une campagne qui loin d’avoir du succès auprès du peuple, attire en revanche les regards de la presse nationale et internationale, ne serait ce que par les moyens pour le moins originaux qu’elle engage. Une campagne gagnée d’avance au regard du désintérêt flagrant de la population, qui ne semble intéressée ni par la présidentielle et encore moins par son boycott….

Si le boycott avait un visage en Algérie, ce serait sans nul doute celui du Front des Forces Socialistes FFS.

D’ailleurs, dans les grandes villes comme Alger, il n’est pas rare de retrouver de vielles affiches appelant au boycott, déjà entérinées depuis des années.

Un Hocine Ait Ahmed, fondateur du FFS, l’indexe levé en l’air comme pour mimer un non, exprimant son opinion écrite en grand et gras:  » Je ne vote pas« .

C’est devenu d’ailleurs le maitre mot du parti, car pour cette élection aussi le mot d’ordre est le même, seule différence, les moyens n’y sont pas. Les affiches et autres campagnes publiques se font rares comme si le désintérêt avait eu le dessus même chez les contestataires.

En revanche la présence sur le terrain, est, elle, de mise. Et le driver de la formation politique d’opposition Karim Tabou multiplie les interventions auprès de la presse indépendante, avec en ligne de mire le système en place.

Jeudi dernier, c’est une marche menée par Karim Tabou lui même qui a été improvisée à Tizi Ouzou. Une manifestation qui aurait attiré, selon les présents, autour de 5 milles personnes. Tous les moyens sont bons pour discréditer la prochaine échéance et le faire savoir. Une manière aussi pour le FFS de rester en course, et dans le cœur des algériens et de ses militants en particuliers, en occupant le terrain afin de ne pas tomber dans l’oubli.

Même hors période d’élections, le parti d’Ait Ahmed tente, tant bien que mal, d’exister à tout prix. Pour exemple, Le vendredi 30 Janvier 2009, a eu lieu au siège national du FFS, l’ouverture officielle des programmes de l’Ecole de Formation Politique de ce parti, une première en Algérie.

Haro sur le RCD

Les critiques ont plu tout au long de la semaine dernière sur la formation de Saïd Sadi. Tirs groupés de toutes parts en direction du parti du Rassemblement pour la Culture et la Démocratie, le RCD.

En cause, la décision de sa direction de lever un drapeau noir à la place du drapeau national aux niveau de leur différents sièges. Un geste à travers lequel le RCD dit vouloir protester contre la prochaine élection qu’il appelle aà boycotter. Et les critiques ne se sont pas faites attendre.

Les trois partis de l’alliance présidentielle en tête, ont en fait état dans chacun de leurs meetings respectifs. Idem pour certaines institutions, à l’instar de la commission de surveillance des élections.

L’UGTA elle aussi était de la partie en dénonçant une atteinte à un symbole de la nation. Certaines personnalités politiques s’en remettent à la justice pour réprimander un geste proscrit par la constitution.

Tout cela a crée une ébullition dans le milieu politique et médiatique, semble-t-il voulue par les responsables du RCD. Volontairement provocateurs, ils font dans la surenchère allant jusqu’à traiter leurs détracteurs de « vierges effarouchées« .

En effet, loin de faire marche arrière devant la levée de bouclier de la classe politique classique, Saïd Sadi persiste et signe, en écrivant une lettre ouverte au président de la République lui expliquant son geste. Une lettre suivie d’une campagne de proximité avortée aux abords du siège du parti sis à El Biar.

Kh_louna

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