Un nouveau candidat se lance officiellement dans la course à la présidentielle 2014. Ali Benouari, ex-ministre du budget dans le gouvernement de Sid-Ahmed Ghozali, a réitéré son envie de se présenter en tant que candidat lors du prochain scrutin, même s’il estime qu’il a peu de chances de remporter cette élection. 

« Je suis presque sûr que je vais échouer mais ma candidature est une responsabilité que j’assume. Si l’opinion est sensible à ma candidature, ce sera une avancée formidable. Cela m’aura permis de mettre sur la table quelques instruments de réflexion ». C’est ainsi qu’Ali Benouari a présenté sa candidature lors de son intervention dimanche au Forum du journal Liberté. Candidat, certes avec peu de chance, mais candidat et avec un programme pensé depuis des années. Ali Benouari veut centrer sa campagne présidentielle sur  « sur la gouvernance politique », et faire de son mandat une bataille contre « la corruption et le retard de développement en Algérie », qui « ont des causes institutionnelles. Ce n’est pas la faute à Ben Bella ou à un autre… » a-t-il expliqué lors de son intervention au forum Liberté.

Toutefois le spécialiste de la finance a surtout des propositions concernant l’avenir économique de l’Algérie. « Je vais permettre à l’Algérie de rejoindre le club des 20 pays les plus riches de la planète à l’horizon 2033 », avait-il déclaré. Ce dernier estime que 2014 sera une année charnière qui « constitue l’ultime chance de redressement du pays ». Il préconise de nombreuses mesures et même certaines réformes qui pourraient faire grincer les dents des Algériens : la dévaluation du dinar, arrêter de tout subventionner et se détacher de la dépendance aux hydrocarbures.

Pour rappel Ali Benouari n’est pas étranger aux affaires de l’Etat algérien. Il a été chargé du Trésor entre juin 1991 et février 1992. Désormais il vit en Suisse, où il s’est installé il y a une vingtaine d’années après avoir démissionné du gouvernement de Sid Ahmed Ghozali. Il a alors enchaîné des hautes fonctions dans le secteur de l’économie et de la finance. Il a notamment été à la tête  d’Écofinance S.A., une société de conseil et de montage en partenariats industriels et financiers.

Binational et alors ?

Le candidat algéro-suisse est également revenu sur sa double nationalité qui pourrait poser un problème constitutionnel et peut-être gêner les électeurs. « Personne ne se plaint que la plupart des joueurs de l’équipe nationale portent une autre nationalité que leur maillot aux couleurs algériennes. C’est parce que, tout simplement, ils ramènent du succès et de la joie aux Algériens », s’est-il justifié. Estimant que s’il accomplit pleinement son mandat – s’il est élu – sa double nationalité n’aura aucune conséquence sur la gestion de l’Etat algérien. Ali Benouari a toutefois dit qu’il était « prêt » à se conformer à l’article 73 de la Constitution algérienne, qui stipule que pour être éligible à la présidence de la République, la candidat doit jouir uniquement de la nationalité algérienne d’origine. Ce dernier renoncerait donc à sa nationalité suisse pour être un « présidentiable ».

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