Lu sur L’Expression

Ces élections seront importantes car elles pourraient permettre l’accès au pouvoir à quelqu’un qui ne soit pas de la génération qui ait fait la guerre d’indépendance.

Personne ne parle plus de quatrième mandat présidentiel. Mais personne ne parle de présidentielle non plus. Pourtant, nous sommes à seulement 10 mois du prochain rendez-vous électoral pour la course vers El Mouradia. Est-ce que cela révèle une certaine perturbation des calculs initiaux des différentes parties concernées qui doivent être en train de chercher, en silence, de nouvelles alternatives? Est-ce que cela dénote, au contraire, une certaine sérénité qui fait suite à un meilleur contrôle de la situation?

Quelle que soit la raison qui pourrait être derrière ce soudain silence, aussi bien chez les «appeleurs» au quatrième mandat que chez ces candidats dont certains, semblant trop pressés, ont emprunté un peu trop tôt le chemin du charme pour la conquête des voix de leurs concitoyens, il demeure incompréhensible qu’à quelques encablures du rendez-vous d’avril, rien sur la scène politique ne rappelle cette élection si importante pourtant.

Le nombre de candidats ne fait pas la démocratie
En effet, à part un lancement de la nouvelle chaîne TV privée qui se souvient d’un Benflis, resté très discret jusque-là, et qui l’invite à y présenter son programme, et à part un Benbitour qui noue des alliances et qui semble bénéficier de quelques soutiens ci et là, nous n’avons rien de concret quant à la liste de départ des candidats.

Dans un précédent papier (L’Expression du 01/04/2013), nous avons souligné que l’Algérie pourrait se retrouver avec six ex-chefs de gouvernement sur la ligne de départ pour la course vers le palais d’El Mouradia. Il s’agit de Sid Ahmed Ghozali, Mouloud Hamrouche, Ahmed Benbitour, Ali Benflis, Ahmed Ouyahia et Abdelaziz Belkhadem. Depuis que l’absence de Bouteflika a propulsé l’actuel Premier ministre au-devant de la scène, certaines rumeurs prêtent à ce dernier aussi des ambitions présidentielles, arguant surtout sa neutralité politique.

Il est encore trop tôt de parler des chances de chacun et nous reviendrons, à l’avenir, sur ce point avec analyse et détails, mais pour l’instant, il est important de souligner que tous ces hommes sont des Algériens, des citoyens qui, chacun à sa manière, ont donné, sans doute, quelque chose au pays. Il ne fait pas de doute que certains parmi eux ne se présenteraient pas, à cause de l’âge, ou jugeant leurs chances trop infimes dès le départ, mais il ne fait pas de doute non plus que nous en aurons qui prendront part à la course.

Ces derniers devraient sans doute être occupés à élaborer, chacun, un programme sur lequel ils chercheront à se faire élire. Jusqu’à présent, cela n’a jamais été le cas, c’est certain, et c’est pour cela que notre bateau est parti à la dérive. Mais les choses devraient tout de même changer et elles ont tout de même changé. La construction de la démocratie à notre flanc est en train de se faire, avec peine et dans la douleur certes, mais elle est en train de se faire quand même.

Nous ne pourrons pas continuer à parler de démocratie tant que le citoyen demeure sans choix réel lorsqu’il s’agit de donner sa voix. Ce n’est pas le nombre de candidats qui donne le choix, ni l’utilisation des urnes qui fait la démocratie. On peut rassembler le nombre qu’on veut de candidats, mais on restera loin de la démocratie tant que ces derniers n’offrent pas d’alternatives sérieuses qui permettent au citoyen de choisir, en connaissance de cause. On peut planter des urnes à chaque coin de rue, cela ne servira à rien tant que les bulletins qui y sont glissés ne le sont pas sur la base de choix réels et de convictions profondes. Voter sans convictions ou voter pas simple formalité ne donne pas de sens aux élections et c’est, malheureusement, ce qui arrive toujours chez nous et pour la plupart d’entre nous. Nous avons essayé la façade, et nous avons constaté de visu – et de vécu surtout – que cela ne mène nulle part et que cela ne peut mener nulle part.

Changement de génération à la tête du pays
Les prochaines élections sont, pour le peuple et pour le pays, les plus importantes après celles de 1962. Saurons-nous en profiter pour négocier correctement le virage qui donne sur le développement et la prospérité ou bien continuerons-nous à rater tous les rendez-vous importants de notre histoire ?

Ces élections seront décisives pour plusieurs raisons. D’abord parce que, tapies à l’ombre de la scène, se tiennent quelques formations qui, encouragées par les succès des islamistes en Egypte, en Libye et en Tunisie, veulent prendre possession du pays. Or, rien ne va dans ces trois pays et rien n’est prêt à bien aller tant que la mauvaise perception du pouvoir est associée à une mauvaise interprétation du religieux, ce qui a toutes les chances de se produire chez nous si ces parties arrivent au pouvoir…

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