L’entame de l’audition de Abdelmoumen Khalifa, ce mercredi, n’a pas donné lieu à de grandes surprises. L’ancien Golden Boy, emprisonné depuis janvier 2013 en Algérie, a tenté d’esquiver les questions du juge. Souvent, ses réponses étaient alambiquées. Il défiait le juge à chaque question.

Extraits : « Au niveau de l’agence d’El-Harrach, le trou était de 46 milliards », lui rappelle le juge. « Premièrement, il y a deux dossiers. Khalifa Airways a des œuvres sociales. Elle a ouvert un compte dans l’agence. Deuxièmement, les propos de Djamel Zerrouk ne sont pas étayés par le caissier de l’agence », répond Khalifa. Le juge : « L’agence d’Oran accuse un trou et c’est le même scénario qui se répétait. Ce sont aussi les mêmes histoires. Ce n’est pas normal que la personne vienne les voir trois ans durant et prenne de l’argent sans qu’il ne le connaisse. »

«Ceci dit, je conteste l’inspection. Ces trous sont totalement faux. Il parait même que j’ai couvert le compte de sept milliards appartenant à Abdesselam Bouchouareb dans l’agence d’El Kolea », répond Khalifa.

Sur le plan politique, Abdelmoumen Khalifa insiste pour dire que s’il avait obtenu l’autorisation d’ouvrir une banque, c’est parce que la loi le permettait. Mieux, et même lors que le juge lui demande pourquoi les entreprises publiques mettaient leur argent dans ses banques et non dans les établissements publics, Khalifa répond que c’est parce qu’il offrait « des taux d’intérêts pouvant atteindre 16% ». Pourtant, il n’explique pas pourquoi il prête, lui, à des taux inférieurs à 12%. « Travaille-t-il à perte ? », il ne répond pas.

Le juge s’est également intéressé aux soirées mondaines organisées à Cannes, en France. « Ce n’était pas moi. C’était Ktv », dit-il. Pourquoi a-t-il acheté une villa à 33 millions d’Euros alors qu’il n’achetait pratiquement pas d’avions ? Khalifa indique qu’il en avait « acheté cinq ». Pis, il fait une diversion pour ajouter que Khalifa Airways était « une entreprise française ».

Quand le juge demande à savoir pourquoi il quitté le pays, Khalifa répond qu’il savait « que la banque allait fermer » et que s’il était resté, «il y aurait des troubles ». Pourquoi ne pas habiter en France ? demande le juge. Khalifa : « Les Français ne nous aiment pas ! », réplique-t-il.

Sur les questions liées aux retraits illégaux de fonds, Khalifa admet que ce n’est pas légal mais il affirme qu’il n’en est pas à l’origine. Ce que disent ses anciens responsables sont des « mensonges », dit-il.

L’audition se poursuivra demain.

 Essaïd Wakli

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