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Boughezoul, Sidi Abdallah, Bouinan et El Ménéa. Ces projets de nouvelles villes que l’Algérie devait réceptionner il y a de cela plusieurs années n’ont toujours pas vu le jour.  Et, pourtant, ces projets ont consommé près de 4 milliards de dollars ! Qu’a-t-on fait de tout cet argent ? Nul ne le sait. En tout cas, aucun haut responsable ne veut fournir la moindre précision. 

Ce lundi, c’est le directeur général de la Caisse nationale d’équipement pour le développement (CNED), un organisme très méconnu par les Algériens créé en 2004, qui a révélé que ces quatre projets de nouvelles villes, relevant du secteur de l’Habitat, de l’urbanisme et de la ville, ont bénéficié d’une dotation financière globale de 394 mds de DA, à savoir pas moins de 3,9 milliards et donc près de 4 milliards de dollars. Un budget immense qui n’a, pour le moment, donné naissance à aucune avancée concrète sur le terrain puisque toutes ces nouvelles villes sont citées comme projets depuis de plus d’une décennie, voire deux mêmes, mais sans connaître la moindre évolution notable.

 A Bouinan, dans la wilaya de Blida, le projet de la nouvelle ville est toujours une simple maquette et sur le terrain, les autorités n’ont même pas encore réussi à dépasser le stade du règlement administratif de l’expropriation des terrains pour utilité publique. Et pourtant, les autorités ont lancé officiellement ce projet depuis 2006 ! Le même constat est à dresser pour le projet de la nouvelle ville de Boughezoul, dans la wilaya de Médéa, qui date officiellement de 2004. Les travaux de réseaux et de voirie n’ont commencé qu’en 2006. Et aujourd’hui, en 2015, les chantiers avancent très modestement. Et là aussi, il n’y a que des maquettes et les Algériens attendent toujours de voir comment sera tenue cette promesse faite par les autorités algériennes, à savoir transformer la nouvelle ville de Boughezoul en un pôle de compétitivité dédié aux technologies de pointe, la recherche et le développement, la construction spatiale et les technologies de l’information et de la communication.

Au début des années 2000, la nouvelle ville de Boughezoul était présentée même comme la future nouvelle capitale algérienne. Un projet rêvé par Abdelaziz Bouteflika, mais qui n’a jamais été réalisé. La nouvelle ville de Sidi Abdellah est aussi une chimère. Elle est censée accueillir 180 000 habitants à l’horizon 2020. Les maquettes sont belles et exceptionnelles. Cependant, sur le terrain, les chantiers tardent à voir le jour. Et les quelques cités réalisées jusque-là manquent totalement d’imagination et ne correspondent nullement aux standards de l’urbanisme futuriste avec lequel les autorités algériennes ont fait rêver nos concitoyens. 4 milliards de dollars pour des nouvelles villes dont on ne voit, pour le moment, aucune trace concrète. En cette période marquée par la chute des prix du pétrole, l’Algérie qui manque cruellement de savoir-faire et de capacités de réalisation peut-elle réellement s’offrir le luxe de dépenser autant d’argent sans aucun retour sur investissement ?

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