À quelques jours de l’ouverture de la saison estivale, un rapport publié par le Forum économique mondial dresse un constat désolant de l’économie touristique algérienne. Sur 140 pays étudiés dans le rapport, l’Algérie se classe à la 132e place quant à son attractivité touristique. Pourquoi une telle faiblesse de l’économie touristique dans notre pays ?

 

Le Forum économique mondial se dote d’un certain nombre d’indicateurs permettant de classer ensuite les pays selon leur compétitivité touristique. En particulier, le rapport établit 14 piliers susceptibles de dessiner un panorama exhaustif de la situation touristique dans chaque pays. Parmi ces piliers, on trouve notamment le patrimoine culturel, la qualité des infrastructures de transport, la sécurité ou encore l’hygiène.

Or, lorsque l’on regarde ces 14 facteurs, l’Algérie apparaît en bien mauvaise posture. Ainsi, si l’on s’intéresse aux infrastructures de transport – aérien et routier – l’Algérie arrive respectivement 115e et 126e sur 140. Un seul élément semble véritablement plaider en faveur de l’Algérie : la compétitivité des prix. Si l’on s’intéresse à ce seul facteur, l’Algérie se classe 28e.

Le constat est donc sans appel : l’Algérie, pourtant riche d’un patrimoine culturel et naturel passionnant, n’est pas un pays attractif pour les touristes étrangers. La situation est de plus en constante dégradation : depuis 2011, l’Algérie a perdu 15 places dans le classement du Forum économique mondial.

Malgré cela, les touristes étrangers sont de plus en plus nombreux à visiter notre pays. Le nombre d’entrées touristiques internationales a été multiplié par 5 depuis 1995. Ces derniers chiffres confirment l’élan positif initié par les touristes eux-mêmes. Une question se pose alors, celle de la politique touristique : comment mieux accueillir les touristes, tout en préservant authenticité de notre pays ?

Il y a plus d’un an, le 14 mai 2013, le Président Bouteflika avait affirmé : « La beauté de l’Algérie ne suffit pas pour la relance du tourisme dans notre pays qui reste tributaire de notre capacité à transformer ce potentiel en produits touristiques de qualité qui lui confèrent une dimension à la hauteur de ses atouts ». Mais cette déclaration ne semble pas (encore) avoir été suivie de réalisations concrètes.

Des mesures avaient pourtant été annoncées par le président : création d’établissements de standing international et de pôles touristiques d’excellence ; adaptation des offres touristiques aux normes internationales ; soutien et accompagnement de l’investissement local et étranger ; définition d’un plan de financement à long terme ; renforcement de la coopération entre les secteurs liés directement ou indirectement au tourisme ; mise en valeur du patrimoine culturel et naturel ; promotion du pays en tant que destination touristique ; extension du réseau routier ; modernisation du réseau ferroviaire ; formation aux métiers du tourisme ; intégration des technologies d’information et de communication.

Toutes ces mesures sont bonnes, adaptées au constat du Forum économique mondial. Ne reste plus qu’une étape cruciale à franchir : la mise en œuvre de cet ambitieux programme.