Quasi-unanimes. Qui aurait pensé que les algériens pouvaient s’entendre sur un sujet, politique qui plus est. C’est pourtant le cas. Même son de cloche partout ou presque: l’union euro-méditerranéenne fait peur.

Les algériens appréhendent de se faire dévorer par l’ogre européen fort de son expérience, et de ses moyens. La vérité est peu être amère , mais la plupart des personnes consultées ont été réalistes. « Nous nous ferons dévoré tout crus« , déclarent-ils, unanimes.

Annia (Etudiante):

Je ne sais pas vraiment en quoi ça consiste. En fait personne ne le sait en vérité. Par contre, ou ça va nous mener ? J’en ai une petite idée. C’est tout simplement du néo colonialisme et un accaparement de la France sur les pays de la rive sud, l’Allemagne étant hors jeu . On ne peut sortir gagnants d’une machine de ce genre, que si nous nous imposons.
Malheureusement, nous partons perdants, nous ne sommes pas armés pour un tel challenge. C’est comme une course de voitures, où nous partons en dernière ligne, de plus nous n’avons pas la meilleure écurie
.

Bader (Architecte)

Revenez le jour où je saurai ce que c’est. En attendant ce n’est qu’un groupe qui cogite autour d’un titre. Rien de concret.

Chahinez (Enseignante):

L’union pour la méditerranée, on a l’impression que c’est encore une façon pour les riches de profiter des pauvres. Mais étant donné que tout le système actuel fonctionne ainsi, mieux vaut en profiter au maximum. C’est un moyens d’être privilégiés par rapport aux autre pays du tiers monde. Nous profiterons des riches un peu plus que les pays plus pauvres que nous. Mais pas d’illusion, je pense qu’on est loin d’une relation gagnant gagnant. Le hic dans tout ça, c’est qu’on ne peut s’en prendre qu’à nous même, ou plutôt à notre système. On aurait pu en faire meilleur usage si nous n’y étions préparés.

Réda (Facteur):

On y gagnera en actions sporadiques. Quelques festivals par ci, quelques stages pour les étudiants par là. Peut être des séminaires pour certaines professions, histoire de les mettre au diapason des institutions du vieux continent. Mais faut pas s’attendre à grand-chose. Espérons au moins que les mentalités en acquerront quelque chose.

Houda (Ingénieur):

Ça me fait très peur. Déjà qu’on annonce que Total va faire son entrée sur le marché de la distribution de carburants en Algérie. Si certains domaines ne sont plus protégés, ils seront décimés. C’est déjà le cas du textile à cause de la chine, les pays européens se chargerons des services. Ça promet.

Rabeh (Buraliste):

Ça va nous ouvrir sur d’autres pays qu’on ne connaît pas forcement. Nos jeunes ne connaissent du reste du monde que la France et le Canada. Tout au plus les villes fiefs d’un grand club de football (Manchester, Liverpool, Turin, Milan etc.).
Malte, Chypre, et j’en passe, autant de peuples avec qui nous pouvons tisser des liens et faire des affaires. Et il ne faut pas oublier que la méditerranée englobe des pays arabes. Combien même c’est un paradoxe, qu’une union avec ces pays frères soit l’initiative de l’occident.

Farouk (Banquier):

Il y aura un climat beaucoup plus favorables pour les affaires et les investissements. Maintenant, personne ne nous fera de l’aumône. Il y aura plus d’entrepreneurs étrangers, donc plus d’infrastructures de qualité tant qu’on aura de quoi payer, comme c’est le cas pour le métro en ce moment, et la téléphonie. Faudrait que le transfert de technologie soit au centre des accords avec les industriels européens. Pour le reste, Business is business.

Kh_louna pour Algerie-Focus.com

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