Au cours d’un débat avec mes étudiants en ce mois d‘avril 2009, une question m’a été posée : que sera l’Algérie dans trente (30) ans c’est-à-dire demain, avec une population qui approchera 50 millions d’habitants.Un débat utile s’en est suivi qui a abouti à deux hypothèses :

1ére hypothèse : statut quo actuel.

-L’age moyen de mes étudiants de fin d’année de licence étant d’environ 22 ans, ils auront alors 52 ans et entre temps ayant une exigence comme tout Algérien avoir un emploi, un logement, se marier et donc avoir des enfants, donc une demande sociale croissante

– Pour ceux qui travaillent actuellement, ils auront entre 60 à 70 ans et seront en retraite.

-Forte probabilité d’épuisement des réserves de pétrole ( 25/30 ans ) ainsi que celui du gaz ( exportation plus consommation ) estimation entre 30/35 ans( plus de Ministère d’hydrocarbures).

– besoins croissants et plus de devises pour importer (suppression du Ministère de la solidarité nationale) avec le risque d’implosion des caisses de retraite.

-donc pas d’attrait de l’investissement et chômage croissant,

– tensions sociales et instabilité politique à l’instar des pays les plus pauvres de l’Afrique subsaharienne et risque d’intervention de puissances étrangères.

2 ème hypothèse : les conditions pour le développement de l’Algérie.

Gouverner étant de prévoir, toute la gestion politique et économique future sera de préparer la période après hydrocarbures dont le développement devra se fonder sur les piliers du développement du XXIème siècle, tenant compte du nouveau défi écologique :

-la revalorisation du savoir, l’Etat de droit et une nouvelle gouvernance par la réhabilitation du management stratégique politique, de l’entreprise et des institutions, par une libéralisation maîtrisée grâce au rôle central de l’Etat régulateur,

-éviter l’instabilité juridique, le manque de cohérence et de visibilité dans la politique économique, la corruption qui s’est socialisée en Algérie, démobilisant toute énergie créatrice,et une lutte contre la bureaucratie dont la sphère informelle en est le produit reflétant un Etat de non droit,

-favoriser le dialogue économique et social évitant la concentration excessive du revenu national au profit de rentes spéculatives destructrices de richesses,

-garder une partie de la rente pour les générations futures,

– mettre en place un nouveau modèle de consommation énergétique reposant sur els énergies renouvelables,

-promouvoir des segments en réhabilitant l’entreprise, dans un environnement concurrentiel, loin de tout monopole , seule source de la création de richesses permanentes dans le cadre des avantages comparatifs mondiaux car évoluant au sein d’ une économie mondiale de plus en plus ouverte ,donc des allocations ciblées d’investissement.

En fait il s ‘agira de gérer, loin de la logique rentière des périodes passées mue par la dépense monétaire,via la dépense publique, sans se préoccuper de la maîtrise de la qualité et des coûts, l’impact économique et social n’ayant pas été proportionnel aux dépenses depuis l’indépendance politique à nos jours , si l’on veut atténuer des tensions sociales de plus en plus criardes et donc le scénario catastrophe de la première hypothèse.

AM

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