alger_quick_restaurant

Alger la capitale est devenue le symbole même de cette consommation « grimaçons » contrairement aux villes de l’intérieur du pays dont les habitants même s’ils développent un engouement pour ce genre de restauration sont loin d’égaler le rush quotidien des Algérois vers les Fast-food et autres Pizzerias qui ont poussé comme des champignons ces dernières années.

Mondialisation oblige, la restauration rapide dans notre pays ne déroge donc pas à la règle d’autant que l’Algérien demeure un éternel imitateur des comportements occidentaux. Tel un effet boule de neige, le transfert du savoir culinaire notamment par le biais des centres de formation privés qui enseignent les nouvelles techniques de la gastronomie mondiale, l’avènement de fast-food et les pizzerias a suivi le même phénomène de l’importation de véhicules et de matériel informatique. Les produits de fast-food conçus de manière mondialisée – l’exemple du sandwich Panini qui épouse la forme et les contours – besoin s’est fait sentir de faire appel à un équipement spécial et un encadrement formateur. Alors quand le voisin d’à côté observe que votre activité est lucrative contrairement à la vente de livres, pour l’exemple contrastant, il se met, alors, à l’heure de « Greenwich » soit à titre de vendeur de ces produits de fast-food soit à titre d’importateur d’équipements ou carrément ouvrant une école de formation de personnel qualifié dans ce domaine.

A cela s’ajoute la facilité déconcertante avec laquelle ces propriétaires de fast-food et autres pizzerias obtiennent le registre de commerce dûment établi à leur nom. Certes, libre à quiconque de faire du commerce mais un minima de conditions – particulièrement d’ordre sanitaire surtout en cette période estivale – devraient être exigibles sinon comment expliquer que certains parmi eux vendent dans une superficie réduite parfois frisant le ridicule.

Voilà comment cette activité qui a démarré timidement au début des années 1990 a connu un essor sans précèdent ces dernières années au point où tous ces lieux de restauration rapide poussent comme des champignons un peu partout y compris dans les petites communes et dans les quartiers résidentiels. Du Hamburger simple au double au Méga Cheese, Kebab, sandwich Kebda, barquettes de frites, Garantita, Schawarma et Panini qui, il faut le savoir, sont cuisinés à base de gras et d’additifs alimentaires, tout y passe. Mais ce serait faire preuve de subjectivisme si on omet de mettre en relief la responsabilité engagée du consommateur qui, même s’il est démuni pécuniairement, ne doit pas pour autant servir de simple « tube digestif » en commandant sans réfléchir.

«Quand on mange dans les Fast-food, il faut être intelligent en prenant un cheese, salade, et bouteille d’eau qui élimine » dira un médecin généraliste qui préconise, en outre, de compenser avec protéines, légumes, et fruits au cours du repas du soir. De plus comme toute mégapole, Alger la capitale est devenu le symbole même de cette consommation « grimaçons » contrairement aux villes de l’intérieur du pays dont les habitants même s’ils développent un engouement pour ce genre de restauration sont loin d’égaler le rush quotidien des Algérois vers les Fast-food et autres Pizzerias.

La promiscuité, en effet, répugne énormément les jeunes à rentrer chez eux pour s’alimenter. Le transport casse-tête chinois des travailleurs notamment ceux venant des faubourgs et autres cités limitrophes, les obligent, de facto, à consommer quotidiennement dans ces lieux à moindre coût, certes, mais à quel prix en terme de santé ? « J’ai beau préparé à mon fils un petit couffin à emporter pour le midi au travail, il refuse systématiquement car gêné à l’idée de devenir la risée des autres » dira une vieille dame rencontrée à Didouche Mourad.

La mode in !

Ce genre de comportement généralisé fait partie du mode de vie propre à la citadinité marquée par l’empressement – pour ne pas dire stress – de rejoindre le bus et/ou son lieu de travail. Dans l’esprit de certains consommateurs de ces produits pas comme les autres, se produit, en outre, donne une sorte de fierté d’appartenance à une classe privilégiée dés lors qu’il fréquente certains établissements chiches. C’est la mode in ! Pizza Italienne, sandwich Grec, le Méga Burger américain etc. Allez lui expliquer le contraire dans ces cas là. Cela répond donc à une demande sociale pressante plus particulièrement à Alger. Car à Oran et à Annaba, pour l’exemple, les gens rentrent chez eux à midi pour déjeuner aux dires des témoignages recueillis ici et là.

Du coup cela crée un marché d’une pluralité gastronomique inégalée jusqu’à un passé pas trop lointain. « On a le choix entre un resto classique, un fast food ou une pizzeria » confie un septuagénaire accosté à la rue Ben M’Hidi, ex Izly. Pour lui, rien ne vaut une assiette de Loubia ou de pois-chiche suffisamment épicée et poivrée qu’il a pour habitude de déguster du coté de la rue Tanger mitoyenne de l’endroit où nous causions. « Par le passé, c’est les frites omelettes qui étaient à la mode » lance-t-il.

Comme les propriétaires de fast-food absorbent le gros de la clientèle, les restaurants dits classiques ne ferment plus à 15 h 00 histoire, vous l’aurez saisi au vol, pour glaner quelque sous difficiles en ces temps de rude concurrence. Heureuse nouvelle, le retour vers les pizzerias qui sont très prisées tant pour des raisons financières restreintes que pour « caler » son ventre affamé, résulterait d’un retour inconscient à l’alimentation traditionnelle aux dires d’une médecin généraliste interrogée à ce sujet. Écoutons-là : « Les pizzas sont faites à base de pâtes auxquelles on ajoute du fromage, de l’anchois, du thon, du merguez, et de la viande hachée qui maintiennent l’équilibre nutritionnel de l’organisme ». Avec l’arrivée, en 2007, de la chaîne franco-belge Quick Burger qui a ouvert son premier restaurant à la place Emir Abdelkader en lieu et place de la brasserie Le Novelty et son homologue turc Enver Erol du côté de Didouche Mourad, on n’a pas fini de pérorer sur la restauration rapide en Algérie d’autant que Quick Burger compte ouvrir une vingtaine d’établissement à travers le territoire.

Bon appétit tout de même !

Rabah DOUIK