Lu sur L’Echo d’Oran

L’extension horizontale qu’a connue la ville d’Oran durant la décennie 1980 qui avait donné lieu, souligne-t-on, à l’émergence de plusieurs zones d’habitation a pris fin depuis quelques années pour laisser place à un nouveau type de constructions en vertical.

Voulant à tout prix se rapprocher du centre-ville d’Oran et avec une offre de location de plus en plus faible face à une demande qui a explosé, des investisseurs de tous bords ont, ainsi, mis main basse sur plusieurs quartiers résidentiels en achetant au prix fort des constructions individuelles, anciennes et nouvelles, pour y ériger de nouvelles bâtisses composées d’appartements à mettre en location ou bien carrément à revendre.

Selon plusieurs agents immobiliers, cette tendance se poursuivra durant plusieurs années et au final, ce sont les plans d’occupation du sol (POS) de plusieurs quartiers qui sont de ce fait appelés à connaître une reconfiguration comme le cas à la cité Jourdain (Les Castors), Choupot, Cuvillier ou encore Maraval.

A titre illustratif, au niveau de ces zones, il y a tout juste quelques années, le permis de construire ne pouvait en aucun cas dépasser R+2, mais depuis l’installation du commerce de gros et en vue de répondre à une demande de plus en plus alléchante, des villas coloniales ont été rasées et des constructions composées de locaux commerciaux au rez-de-chaussée et d’appartements sur 3 ou 4 niveaux, voire plus, ont été érigées.

Cet intérêt pour la moindre passerelle de terrain vacante ou pouvant accueillir un immeuble s’explique également par la faiblesse de l’offre publique en matière de location.

A ce propos, d’aucuns estiment que l’expérience de l’AADL, qui avait initié à partir de 2005 date de l’inauguration de son premier ensemble immobilier, une formule inédite de location-vente, a été un échec, sinon pourquoi ladite formule a-t-elle été abandonnée, affirme-t-on.

Par ailleurs, les offices de gestion immobilière se sont débarrassés de leur patrimoine immobilier suite à la cession des biens de l’Etat et ont été chargés par d’autres missions purement commerciales, ainsi que promotionnelles.

Devant l’incapacité de la plupart des ménages à accéder à la propriété en dépit des nombreuses formules décidées par l’Etat, la location est devenue la voie salutaire, sachant qu’on assiste depuis une trentaine d’années à un éclatement de la famille traditionnelle et l’apparition des ménages et de l’entité familiale restreinte.

LE MARCHÉ LOCATIF SOUS L’EMPRISE EXCLUSIVE DU PRIVÉ

Au final, le marché de l’immobilier locatif est exclusivement sous l’emprise des privés, promoteurs et simples propriétaires, qui, face à la très forte demande, imposent des prix dépassant tout entendement.

Le marché est, en effet, juteux, selon les agents immobiliers, à telle enseigne que des transactions record ont été récemment enregistrées aux Castors et à Point du jour, où des villas ont été payées à 70 et 90 milliards de centimes pour être rasées et abriter des tours ou des résidences.

Cela est également le cas d’une construction à Bel Air, juste à quelques encablures du rond-point de la wilaya et qui a fait l’objet au lancement des travaux d’une protestation de la part des riverains qui ont dénoncé de telles constructions en hauteur et qui, en plus d’avoir défiguré le site, a engendré un manque d’ensoleillement pour plusieurs habitations avoisinantes, dont un établissement scolaire.

La demande en sièges d’entreprises privées, dont plusieurs étrangères, a également donné matière à réflexion aux investisseurs, professionnels ou occasionnels, à concevoir des constructions selon cette demande particulière.

C’est l’exemple de l’avenue Mekki Khelifa où des sièges de banques étrangères et autres établissements spécialisés dans le créneau des assurances ont été ouverts depuis plusieurs années et les propriétaires ont préféré louer ou acheter ailleurs devant les offres alléchantes de ces établissements.

Les urbanistes soutiennent quant à eux le principe selon lequel la conception du cadre bâti ou le style architectural reflètent manifestement l’image de la société et symbolisent ses valeurs.

En clair, et en l’absence d’une vision globale des perspectives urbaines de la ville, Oran ressemblera, caricaturalement, à une métropole brésilienne où s’entremêlent des buildings et des favelas et vu d’en haut, ce mélange n’est nullement beau à voir.

En somme, tous les quartiers connus pour être résidentiels, au sens traditionnel du terme, connaissent actuellement une mue et les anciens propriétaires, affirment les agents immobiliers, préfèrent sortir en dehors de la cité donnant ainsi naissance à un nouveau concept qui est celui de l’exode urbain.

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