Rafik Khalifa

Encore une fois, le traitement réservé à une affaire qui intéresse au plus haut point l’opinion publique souffre d’un déficit de communication de la part des autorités.

En effet, le retour de Moumène Khalifa, extradé par la Justice britannique à la demande des juges algériens, n’a pas bénéficié de la transparence espérée. Un simple communiqué faisant part de son arrivée à l’aéroport d’Alger.

Point d’images, pas de point de presse. Une discrétion qui fait passer le cas Khalifa de l’ère de la contumace à celle du secret d’Etat… Communication timorée On l’a annoncé ou fait savoir bien à l’avance. Probablement parce qu’il aurait été impossible d’exiger le silence sur les rives de la Tamise.

Moumène Khalifa, le génial homme d’affaires à la tête d’un empire financier dans les années 2000, et soudainement devenu l’escroc national suite aux scandales révélés sur ses détournements de gros sous publics et privés, devait rentrer au pays, la demande d’extradition judiciaire ayant enfin abouti. Du coup, tous les professionnels de l’information ont tenu à ne pas rater le rendez-vous. Journalistes et photographes se sont donc tenus prêts à couvrir l’événement. Pour rien.

Comme les plus sceptiques s’y attendaient, les pouvoirs publics n’ont pas dérogé à la culture nationale de la rétention maximale de l’information. Une maîtrise de la situation plus en phase avec les clichés sur la Corée du Nord qu’avec les acquis de la presse nationale algérienne ayant payé le prix cher de son indépendance et de son professionnalisme.

Il a donc fallu se contenter de reprendre la dépêche officielle sans pouvoir fournir ce petit supplément pertinent qui lie un organe de presse à son lectorat ou ses téléspectateurs. «Moumène Khalifa est bien arrivé à Alger dans la soirée de mardi et aurait été transféré à Serkadji.» Le département ministériel de la Justice s’est abstenu de tout commentaire. Aux journalistes et aux citoyens d’imaginer la suite ou la réalité.

Place au doute ! Place donc à la rumeur ou aux supputations fantaisistes, puisque les yeux et les oreilles des journalistes ont été privés d’éléments concrets pour témoigner de l’actualité. Neutralisé par la paranoïa des différentes institutions en charge de ce genre de dossiers, les femmes et hommes des médias n’ont pas pu assumer leur mission essentielle d’informer, empêchés de toutes marges d’investigation.

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