Durant la Grande Guerre, des milliers de soldats coloniaux de l’armée française ont été faits prisonniers. Une exposition à Francfort montre comment l’étude de ces hommes par des ethnologues allemands a alimenté à l’époque les théories raciales.

Ce sont des portraits saisissants qui s’affichent dans une salle du musée d’histoire de Francfort. Des regards captés il y a 100 ans, qui nous fixent intensément. Ces clichés sont d’une telle qualité que dans la pupille d’un homme on distingue le reflet de son photographe. Ces images sont belles, mais aussi très dérangeantes. Ces visages sont ceux de prisonniers des troupes coloniales françaises, photographiés par des ethnologues allemands, qui à l’époque ont pu, à loisir, étudier ces hommes venus du bout du monde.

A partir de ces 15 clichés inédits, retrouvés récemment dans les archives de l’Université de la ville, une exposition intitulée « Science et propagande pendant la Grande Guerre » lève le voile sur la captivité oubliée de ces soldats venus d’Afrique de l’Ouest et du Nord. « Il n’y avait aucune indication sur ces portraits, à part l’origine ethnique de ces hommes. Il a fallu faire tout un travail de recherche pour retrouver certains de leurs noms », explique Céline Lebret, chargée de mission à l’Institut français d’histoire de Francfort, co-organisateur de cette exposition. « Les scientifiques étaient seulement intéressés par leurs origines. On était dans une science raciale, comme en France d’ailleurs à la même époque. On classait les êtres humains selon ces critères ».

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