Abdelmalek Sellal n’est plus le Premier ministre, il a abandonné le poste pour s’occuper de la campagne d’Abdelaziz Bouteflika, candidat «absent» pour un quatrième mandat. Une candidature qui suscite une très forte controverse en raison de son état de santé et donc de sa capacité à assumer les fonctions de président. Sellal est donc sa «voix» dans cette campagne du 4ème mandat menée sous le slogan de la «stabilité».

M. Sellal n’est pas un tribun, il cherche à compenser par une tendance à faire des blagues, à lancer des boutades. Cela apparemment le fait rire mais il ne semble pas se rendre compte que ça ne fait pas rire les autres. Ni qu’il fait rire les autres à ses dépens.

Faire de l’humour n’est pas mauvais quand c’est réussi. En faire à tout prix quand on exerce une «haute fonction» devient problématique. Lancer des boutades de mauvais goût sur les Chaouias alors que Ghardaïa sombre, sous les yeux impuissants des Algériens dans la régression tribale violente, est une grave faute politique. Que M. Sellal se croit «trahi» par une chaîne de télévision «amie» qui couvrait tout de lui, y compris ses mauvaises blagues, ne change rien à la chose. Quand on exerce une haute fonction dans l’Etat, on doit, en toute circonstance, mesurer la portée de ce que l’on dit. A plus forte raison quand on est le porte-voix d’une candidature qui est en train de diviser même les organisations du régime. Car cela ne vole pas haut. On a eu le «maudit soit celui qui ne nous aime pas» de Benyounès – traduisible par «nous avons le pouvoir et on fait ce qu’on veut» -, Sellal vient d’en rajouter une louche avec sa blague de très mauvais goût sur les Chaouias.

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