Après trois ans et demi de gouvernement sous le signe du provisoire et du transitoire, les électeurs tunisiens sont appelés dans les prochaines semaines à élire les responsables des nouvelles institutions, dont le président de la République. Les élus devront relever des défis sécuritaires, économiques et sociaux particulièrement importants. Ils auront cinq ans pour le faire et… l’aide occidentale.

Dans un climat d’appréhension sinon de tension, après trois ans et demi de transition, la Tunisie entame cet automne la dernière phase de sa révolution, celle de l’institutionnalisation. Après l’adoption laborieuse, en janvier 2014, d’une nouvelle Constitution par les députés de l’Assemblée nationale constituante (ANC), les électeurs sont appelés le 26 octobre à désigner leurs successeurs pour cinq ans. Moins d’un mois plus tard, ils éliront le président de la République. Le poste fait tant fantasmer les politiciens tunisiens — des ténors aux plus obscurs — qu’on redoute que plus de 50 candidats se présentent alors même que ses pouvoirs se limitent à désigner le premier ministre, qui devra obligatoirement avoir la confiance de l’Assemblée, et à nommer aux plus hautes fonctions civiles et militaires. Mais intronisé par l’ensemble du corps électoral, il aura une légitimité forcément plus forte que celle d’un député élu par l’une des 33 circonscriptions du pays…

Environ 1 500 listes de candidats ont été déposées auprès de l’Instance supérieure indépendante pour les élections (ISIE), la commission électorale qui a remplacé le ministère de l’intérieur en matière électorale, et 1 316 ont été retenues. Au total, il y a environ 150 000 candidats déclarés, soit plus que lors des précédentes et uniques élections libres, celles d’octobre 2011. Le mode de scrutin n’a pas changé, il garantit la représentation à l’Assemblée d’un grand nombre de tendances et de courants mais n’aide pas à dégager une majorité de gouvernement.

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