En haut lieu, au sein du clan présidentiel, on semble opter pour une démarche communicationnelle autre que celle qui a prévalu jusque-là avec l’entrée en scène du revenant Amar Saïdani qui semble prendre le relais du Premier ministre.

 Le successeur de Abdelaziz Belkhadem à la tête du FLN, sur décision du président d’honneur du parti, le président de la République, n’a pas attendu longtemps pour exercer son tout nouveau rôle, au mépris de l’usage et des règles internationales.

C’est ainsi que l’ancien président de l’APN a annoncé, en marge d’un tête-à-tête, avant-hier, avec le président du TAJ, une entrevue qui intervient dans le sillage de la reconfiguration de la fameuse alliance présidentielle, dans l’attente que d’autres partenaires la rejoignent, en perspective des prochaines échéances politiques, une réunion du Conseil des ministres pour la semaine prochaine.

Si dans son audace il n’a pas été jusqu’à divulguer l’ordre du jour de ce conclave, le premier du genre depuis longtemps, et qui signera la reprise effective des activités du président de la République depuis qu’il est en convalescence après 80 jours d’hospitalisation en France suite à un AVC dont il a été victime le 27 avril dernier avant son retour au pays le 16 juillet écoulé, Saïdani a foulé aux pieds une us et une règle tant la chose ne relève point de ses prérogatives en tant que chef de parti, aussi majoritaire soit-il.

Ceci même si Sellal a tenté de se reprendre, hier, en confirmant le tuyau de Saïdani, tenant, cependant, à apporter sa «couche» en précisant que la date d’une telle réunion du Conseil des ministres «n’a pas encore été fixée».

Une nouvelle de ce «calibre», signifiant indirectement que le président de la République reprend ses forces puisque un tel conclave ne devrait être présidé que par luimême, n’aurait-elle pas dû être «balancée» par un quelconque canal officiel ?

Une démarche loin de relever du hasard car en vigueur bien avant avec les informations liées aux remaniements opérés au sein de l’institution sécuritaire du pays qui ont échappé à toute voix officielle, puisque sciemment distillées ici et là par bien d’autres voies informelles, non identifiées.

Des informations dont, comme par un autre hasard, c’est encore Saïdani qui s’est chargé de la confirmation lors d’un forum médiatique. Une démarche qui, consistant à «arroser» continuellement le citoyen d’informations liées à l’activité du président de la République non sans précaution de ne pas leur conférer la solennité requise, dévolue jusque-là au Premier ministre.

Mais alors, que cache l’effacement de Sellal au profit de Saïdani ? Rappelons que c’est lui justement qui était en charge de ce volet durant la longue absence du président. Il avait même jugé que le Conseil des ministres n’était «pas nécessaire en ce moment», dans une déclaration en marge de l’ouverture de la session parlementaire d’automne.

Une non-nécessité qui ne reflète guère la réalité liée au fait que si le Conseil des ministres ne s’est pas réuni, c’est plus par incapacité du président de la République à le présider qu’à une autre considération.

Lu sur Le Soir d’Algérie