Critiqués, insultés, dénigrés, les migrants subsahariens font ressurgir de nombreux fantasmes. El Watan Week-end fait le point sur les réalités de la migration dans le pays.

D’où viennent les migrants ?

Historiquement, les migrants maliens et les Nigériens sont présents en Algérie, principalement dans les villes du sud du pays. Selon les sociologues, il s’agit d’une immigration de travail qui répondait aux besoins économiques de l’Algérie. Au milieu des années 2000, le consulat du Niger estimait que 20 000 ressortissants étaient installés à Tamanrasset. Malgré l’absence de statistiques publiques, dans le nord du pays, les associations recensent principalement des migrants venus du Cameroun, du Nigeria, du Libéria, de la République démocratique du Congo et de la Côte d’Ivoire.

Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) estime qu’environ 2000 Syriens ont été enregistrés dans le pays. Ces derniers jours, la présence de Nigériens dans de grandes villes a relancé le débat, mais aucune association ne peut affirmer que le nombre de migrants a augmenté. «Le fait que les migrants du Niger se déplacent dans le nord du pays est assez nouveau», commente Charlotte De Bussy, coordinatrice générale en Algérie pour Médecins du Monde France.

Pourquoi quittent-ils leur pays ?

Les raisons du départ sont multiples et aujourd’hui les flux migratoires sont mixtes. «Certains quittent leur pays parce qu’ils craignent pour leur sécurité. D’autres veulent améliorer leurs conditions de vie et certains «tentent l’aventure», car être migrant est devenu un statut à part entière», explique Giulia Fabbiano, anthropologue et chercheur à l’EHESS à Paris.

Pourquoi viennent-ils en Algérie ?

Pour de nombreuses personnes, l’objectif de départ, qui est principalement d’arriver en Europe, se modifie au fur et à mesure du parcours face aux réalités géopolitiques et économiques. «Aujourd’hui, si vous fuyez la République démocratique du Congo à cause des violences, vous ne pouvez pas aller vous réfugier en Centrafrique, ni au Soudan. La Libye et le Nigeria sont bouleversés par des conflits armés tout comme le nord du Mali et le Niger sont encore secoués par des crises alimentaires», résume Sabrina Amirat, administratrice assistante de protection au HCR. «Depuis la chute de Ben Ali et de El Gueddafi, l’Algérie est le seul couloir du Sahel vers l’Europe.

Lire la suite sur El Watan