Lu sur El Watan

«Après ce qui a frappé Belkhadem, qui osera s’opposer vraiment à Saadani ?» La question d’un proche du Palais d’El Mouradia se veut brutale, comme le double limogeage de Abdelaziz Belkhadem, mardi dernier, ordonné par le président Bouteflika.

Quelles que soient les raisons de la colère du sérail d’El Mouradia (ambition présidentielle attribuée à Belkhadem, ses critiques de l’allié égyptien Al Sissi, sa participation à une réunion de l’opposition, son activisme au FLN anti-Saadani, etc.) la rentrée politique du FLN sera marquée par cette exécution publique qui intervient en pleine «préparation» du 10e congrès de l’ex-parti unique, prévu en janvier ou février 2015. «Eliminer ainsi Belkhadem, sans même prendre le soin de préserver les formes –seuls la commission disciplinaire et le comité central peuvent statuer sur la suspension d’un membre du CC– permet à Saadani de mener à bien son entreprise de prise en main du parti, explique un cadre du FLN.

Tout le monde rentre dans les rangs.» Ce n’est pas l’avis de Abderrahmane Belayat, coordinateur du bureau politique en opposition au SG : «Notre position ne dépend pas de Belkhadem, ce dernier n’a pas contesté le coup de force d’août 2013 (intronisation de Saadani)». Belayat reste prudent quant à l’intrusion de Bouteflika, président du parti, dans les affaires du FLN, car il ne conteste qu’à demi-mot l’éviction, hors règlement interne, de Belkhadem.

C’est un jeu d’équilibriste auquel se prêtent toutes les parties en guerre larvée au sein de la maison FLN : «On craint aussi bien l’intervention du président d’honneur que son mutisme, résume un élu du parti. En plus, on ne sait pas réellement d’où est parti le coup et pourquoi exactement (le frère du Président ? Le Président lui-même ? Les deux à la fois ?). Cela complique la donne et crée une opacité qui empêche le parti de fonctionner normalement.»

Pour le moment, c’est l’hébétude au parti et on tente de montrer un visage serein : le FLN organise de manière imperturbable son 10e congrès avec comme priorité «l’unité des rangs» de la base à la direction et la réorganisation des instances locales et nationales.

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