Lu sur Jeune Afrique

Jeune Afrique : Beaucoup d’Algériens pensent qu’il sera facile d’éliminer le Burkina Faso. N’y a-t-il pas un excès de confiance ?

Rabah Saâdane : Il y a une grosse pression populaire et médiatique qui pèse sur la sélection. Les Algériens adorent le football, ce sont de vrais passionnés. On se doit d’être optimiste, mais faisons attention. Car le Burkina Faso, qui est tout de même vice-champion d’Afrique, est une très bonne équipe. Elle possède de très bonnes individualités, elle est solide défensivement, et elle mérite beaucoup de respect. Mais la pression est aussi sur les Burkinabè. Et puis, n’oublions pas qu’à Blida, l’Algérie est quasiment invincible [en match amical au mois de juin dernier, les Fennecs avaient dominé les Etalons 2-0, NDLR].

À quel style de match vous attendez-vous ?

Rabah Saâdane : Il ne faut sans soute pas s’attendre à un gros écart. Ce sera un match serré. Grâce aux deux buts marqués à Ouagadougou, l’Algérie est dans une position assez intéressante. Une victoire 1-0 ou 2-1 peut lui suffire. À mon avis, elle va mettre d’entrée une grosse pression sur la défense du Burkina Faso. Et il va falloir aussi s’imposer physiquement.

La conférence de presse de Vahid Halilhodzic, en fin de semaine dernière, a beaucoup fait parler en Algérie…

Rabah Saâdane : Oui, disons que c’était parfois surprenant. Il a dit que la plupart de ses joueurs n’étaient pas totalement prêts physiquement, ou que la défense était son principal souci. Il aurait peut-être dû se montrer plus optimiste, laisser moins de place au doute. Il est aussi revenu sur l’arbitrage du match aller, et le penalty accordé au Burkina Faso en fin de match. Mais on sait bien qu’en Afrique, l’arbitrage est parfois étonnant.

L’équipe de 2013 est-elle plus forte que celle de 2009 ?

Rabah Saâdane : Sur le plan offensif, oui, car elle a de meilleurs arguments, avec Soudani, Slimani, Nabil Ghilas [forfait pour ce match, NDLR]. Et individuellement, elle me semble meilleure. Mais elle manque à mon avis de leaders, comme pouvaient l’être Ziani, Saïfi, Mansouri ou Yahia. Il y avait de vrais combattants. Collectivement, elle doit aussi trouver un peu plus de cohésion.