Au niveau des chantiers d’In Salah ou de Ghardaïa, d’Adrar ou de Laghouat, les mêmes images décrivant la souffrance des ouvriers des chantiers se ressemblent.

En plein milieu du désert, sur notre route vers les installations extrêmes des zones industrielles de Hassi-R’mel (Laghouat), Oued Noumer (Ghardaïa) et de Hassi-Messaoud (Ouargla), les silhouettes d’enfants, en très bas âge, semblent faire du stop. Arrivés à leur niveau, tenant des bouteilles vides à la main, ils se précipitent vers la porte de notre voiture, nous priant de leur faire don de quelques litres d’eau. Sous un soleil de plomb, ils guettent les automobilistes dans l’espoir d’être approvisionnés en ce précieux liquide.

Que ce soit dans le secteur du bâtiment ou dans celui des hydrocarbures, les travailleurs du Sud trouvent du mal à finir convenablement leur journée de travail.
Pourtant ils cachent leurs peines en ce mois sacré de Ramadhan. Dans leurs chantiers, ils tentent tant bien que mal de remplir leur devoir.

En effet, des chaleurs atteignant parfois les pics de 43°C, conjuguées à l’obligation de jeûner, semblent avoir agi sensiblement sur leurs capacités physiques. Au niveau des chantiers d’In Salah ou de Ghardaïa, d’Adrar ou de Laghouat, les mêmes images décrivant la souffrance des ouvriers des chantiers se ressemblent. Elles vous renvoient aux prisonniers condamnés à des années de travaux forcés. En effet, affaiblis par les efforts fournis, leurs visages ridés témoignent de la nécessité de se réhydrater, mais ils se contentent de s’asperger d’eau.

Contrairement à la période d’avant le Ramadhan, alors qu’ils contournaient, pour leur majorité, les aléas climatiques en s’enveloppant la tête et le visage dans un turban, laissant une petite ouverture au niveau des yeux leur permettant la visibilité, une astuce désormais inefficace du fait que la faim et la soif, indescriptibles, sont venues se greffer à la canicule. Seulement, en cette période de Ramadhan où travailler dans les unités industrielles de traitement des hydrocarbures ou dans le BTP (bâtiment et travaux publics) tout en observant le jeûne est considéré comme un effort supplémentaire par des manœuvres, le rendement des employés n’est pas des meilleurs, même si cela n’entame en rien la qualité des ouvrages. “Certes, le rendement a beaucoup diminué durant cette période, mais la qualité y est toujours et on veille pour que tout se passe bien”, nous a confirmé un technicien exerçant dans la station de compression nord à Hassi-R’mel, 120 km au sud de Laghouat. Cependant, “il y a des ouvriers, qui, Ramadhan ou pas, ne sont pas performants. C’est leur nature”, explique-t-il.

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