Scandal, la série américaine qui aurait pu inspirer la Présidence

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    Mystère sur l’état de santé du Président, fausses informations dans les médias, appels à destitution… Entre la saison 2 de la série américaine Scandal (chez votre revendeur de DVD) et la réalité algérienne, les ressemblances sont troublantes. Autopsie de deux mises en scène présidentielles.

    -1- L’intrigue de départ

    Dans la série. Tout commence avec la tentative d’assassinat qui vise le nouveau Président des Etats-Unis, Fitzgerald Grant. Blessé à la tête, il est transporté d’urgence dans un état grave et doit subir une opération délicate. Il sombre dans le coma. Les médecins déclarent qu’il faudra attendre plusieurs semaines avant de connaître les séquelles des lésions cérébrales occasionnées par l’attentat.

    Chez nous. Samedi 27 avril à 12h30, le Pr Bougherbal, directeur du Centre national de la médecine sportive, annonce, via l’agence officielle APS, que le président Bouteflika, 76 ans, a fait un accident ischémique transitoire. Officiellement, son état de santé n’occasionne aucune inquiétude mais il doit observer un repos strict. Bouteflika est transféré dans la soirée en France, pour des examens complémentaires.

    -2- La version officielle

    Dans la série. Les proches du Président se relaient dans les médias pour affirmer, d’une part, qu’il est toujours vivant, alors qu’il est dans le coma. D’autre part, qu’il est prêt à reprendre ses activités professionnelles. Une stratégie pour faire croire à l’opinion publique américaine que le retour du Président est déjà programmé.

    Chez nous. Dès le départ, la communication officielle se veut rassurante. Tour à tour, le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, et le président du Sénat, Abdelkader Bensalah, vont s’exprimer dans les médias pour rassurer les Algériens et minimiser le problème de santé du Président. Le Pr Bougherbal affirme que le retour de Bouteflika est prévu «dans une semaine».

    -3- L’opposition

    Dans la série. Le black-out imposé par les proches du Président sur son état de santé va amener la vice-présidente, Sally Langston, à faire appliquer le 25e amendement de la Constitution qui prévoit une passation de pouvoir en cas d’incapacité du Président à assurer ses fonctions. Elle obtiendra la signature d’une majorité des membres du cabinet et prêtera serment.

    Chez nous. Après l’hospitalisation de Bouteflika, plusieurs personnalités politiques demandent l’application immédiate de l’article 88 de la Constitution, qui prévoit la destitution du Président en cas de maladie grave. Pour eux, il est impératif de déclarer la vacance du pouvoir. Quarante jours plus tard, les affaires courantes sont gérées par le Premier ministre.

    -4- L’évolution de la maladie

    Dans la série. Les proches du Président engagent une partie de poker menteur avec la nouvelle présidente Sally Langston. Ils mettent en place une campagne médiatique dans laquelle médecins et parents se relaient pour expliquer la guérison rapide du président Fitzgerald Grant, affirmer qu’il se remet rapidement de son opération et que cela s’apparente à un «miracle».

    Chez nous. Les officiels algériens tentent par tous les moyens de contrecarrer les informations alarmantes qui circulent sur la santé du Président. Ils s’en prennent à certains médias étrangers accusés de «diffuser de fausses informations». Sellal affirme que le Président «suit ses dossiers de près et qu’il est chaque jour tenu informé de la situation».

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