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Plusieurs hauts responsables du DRS, le puissant service de renseignement algérien, ont été cités lors du procès de l’affaire de l’autoroute Est-Ouest qui se déroule en ce moment à la Cour d’Alger. 

Chani Medjoub, le principal accusé dans cette affaire, a donné des détails étranges sur le rôle du général Hassan, haut gradé et ex-patron des unités de lutte contre le terrorisme au sein du DRS, dans ce scandale qui n’a pas encore révélé tous ses secrets. D’après le récit de Chani Medjoub, le général Hassan aurait délégué le général Abdelali pour rencontrer et collaborer avec l’ancien directeur des nouveaux projets à l’ANA Mohamed Khelladi. Ce dernier a joué un rôle troublant dans des passations douteuses de marchés publics. Mohamed Khelladi,  lui, réplique et accuse Chani de rouler pour des puissants dirigeants du DRS.   » Il m’a dit brutalement sans aucune forme d’introduction « je suis l’émissaire de tes maîtres, ils te disent de demander à CITIC une enveloppe conséquente afin de mettre en place une caisse noire du DRS à l’étranger « , révèle Mohamed Khelladi.

Plus loin, dans les témoignages rapportés par les accusés, on entend le nom d’un autre puissant général du DRS. Celui de Mehenna Djebbar.   Un autre général réputé être proche du général Toufik, le patron du DRS. Djebbar Mehenna aurait été présent dans les locaux du DRS lorsque Chani Medjoub avait été interrogé. Des interrogatoires, au cours desquels, Chani Medjoub aurait été torturé et battu, selon sa version des faits.

Corruption, pots-de-vin, torture et sévices, le DRS à travers plusieurs de ses hauts gradés est associé, dans ce procès, à des pratiques immorales et déshonorantes pour une institution aussi stratégique en Algérie. Mais, attention, pour l’heure ces accusations n’ont guère été confirmées ou prouvées. La présomption d’innocence est de mise. Ceci dit, la passivité de nos juges face à ces informations dangereuses est étonnante. Pourquoi ne déclenchent-ils pas une enquête et ne convoquent-ils pas les généraux Hassan et Mehenna Djebbar pour éclairer l’opinion sur ces dossiers délicats ? L’honneur et la légitimité d’une grande institution de l’Etat algérien sont, tout de même, en jeu…

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