À défaut d’un vrai projet politique, Abdelmlalek Sellal promet à l’Algérie le statut de pays « émergent » dès 2019, année de la fin de mandat de l’actuel chef de l’État. Le Premier Ministre, qui vient d’exposer son plan d’action devant les députés et les sénateurs a avancé des chiffres étonnants. Ne se basant sur aucune donnée fiable, le représentant du pouvoir se permet de faire des pronostics, risquant de se contredire à tout moment.

Évoquant un pays émergent avec un taux de croissance de 7%, un chômage à 8,3% (ce qui n’est tout de même pas rien) et un produit national brut à 7500 dollars/habitants, le Premier Ministre pense que cela est suffisant pour convaincre les Algériens de sa bonne foi. Puis, Sellal signifie, à travers ses déclarations, qu’il suffit de rêver pour que cela devienne une réalité.

Le Premier Ministre ne propose pratiquement aucun instrument concret. Il promet de jouer sur des secteurs comme l’industrie et le tourisme. Mais le discours est vieux. Cela fait des décennies que les responsables avancent des solutions basées sur la relance de l’industrie et de l’agriculture, sans résultats probants. Pis, 15 ans après l’arrivée au pouvoir de Abdelaziz Bouteflika, le pays dépend à 98% des hydrocarbures dans ses recettes en devises. La fiscalité pétrolière participe désormais à près de 70% du budget de l’État, un taux qui ne dépassait guère 40% avant l’arrivée de Abdelaziz Bouteflika au pouvoir.

Des observateurs et des économistes sérieux se demandent d’ailleurs dans quelles ressources Abdelmalek Sellal va puiser pour atteindre ses objectifs. Quand aux chiffres, les Algériens y sont habitués. Surtout qu’il n’est pas possible d’en vérifier l’authenticité.

Essaïd Wakli

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