dav L’Algérie semble collectionner les mauvais points en matière de performances économiques. Après un classement peu reluisant dans le climat des affaires, notre pays se trouve aujourd’hui au bas du classement du commerce extérieur, selon le dernier rapport «the Global Enabling Trade report» publié par le Forum économique mondial de Davos sur le commerce extérieur en 2009. L’Algérie joue les derniers de la classe en matière de conditions de commerce extérieur, elle arrive ainsi à la 112ème place.

Elle est suivie par cinq pays africains seulement: le Burundi, le Zimbabwe, le Nigeria, la Côte d’Ivoire et le Tchad. Comparativement à nos voisins: la Tunisie, 41ème, et le Maroc, 55ème du classement, le résultat de notre pays est piètre. En tête du classement, Singapour et Hong Kong occupent les deux premières places. Elles sont suivies par la Suisse, le Danemark et la Suède. Le Canada, la Norvège, la Finlande, l’Autriche et les Pays-Bas complètent la liste des top-10. Ce classement très médiocre de l’Algérie qui ne reflète aucunement le grand potentiel économique de notre pays est justifié par le durcissement des conditions du commerce extérieur décidé par le gouvernement en vue de réduire notre facture d’importation qui ne cesse de s’allonger ces cinq dernières années.

L’Algérie semble ainsi victime de sa politique protectionniste. Il faut avouer que les nouvelles mesures gouvernementales pour réduire la facture des importations de l’Algérie, qui a atteint 40 milliards de dollars en 2008, et lutter contre la fraude dans le commerce extérieur ont suscitaient de vives inquiétudes et une incompréhension dans les milieux d’affaires notamment européens. La Loi de finances complémentaires (LCF) pour 2009, entrée en vigueur fin juillet, a interdit notamment aux banques d’octroyer des crédits à la consommation et à l’achat de véhicules aux particuliers pour éviter le surendettement des ménages. La LFC a instauré également le crédit documentaire comme unique moyen de paiement des importations pour mieux contrôler le commerce extérieur et lutter contre les fraudeurs.

Tout importateur pourra ainsi se voir exiger d’une banque une somme équivalente à 25% au moins de la valeur déclarée des biens importés, qui restera bloquée de la commande jusqu’à la livraison. Le gouvernement entend réduire les importations de 5% en 2009, au moment où les recettes d’hydrocarbures ont chuté de moitié durant le premier semestre de l’année pour s’établir à 20,7 milliards de dollars. Il est à noter que The Global Enabling Trade Report 2009 mesure et analyse les institutions, les politiques et les services permettant les échanges dans les économies nationales à travers le monde. Il comprend les données les plus récentes, une analyse des facteurs ainsi que les dernières réflexions et recherche d’experts en commerce et praticiens de l’industrie. Le rapport présente la mise à jour des classements de « Enabling Trade Index » (ETI), développé par le Forum économique mondial de Davos en collaboration avec des experts en commerce international et des dirigeants de la logistique et de l’industrie des transports.

B.M.
Avec Le Financier

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