Les médecins résidents ne décolèrent pas. Obligés d’effectuer le service civil, parfois au prix de la séparation avec leurs familles, ils ont décidé de passer à l’action. Ils organisent, ce mardi, une grève de deux jours. Le débrayage deviendra, ensuite, cyclique.

La raison de cette colère est à chercher du coté du service civile. Ces médecins spécialistes sont en effet affectés d’office dans des régions isolées pour y travailler dans une infrastructure publique durant au moins deux années. Or, selon plusieurs témoignages, ces affectations, déjà décriées, ne prennent même pas en compte la situation familiale des intéressés. C’est le cas de ce cardiologue de Tizi-Ouzou muté dans un village de Jijel. Le problème est que sa femme est médecin. Elle est restée à Tizi-Ouzou avec un enfant de 3 ans !

Ce sont ces situation et d’autres encore que le collectif autonome des médecins résidents (CAMRA) veut dénoncer. Les représentants de ce collectif demandent notamment à ce qu’ils soient « traités comme les autres » Algériens. «Pourquoi l’Etat n’exige-t-il pas le même effort d’un ingénieur, d’un enseignant ou de tout autre fonctionnaire formé par l’université algérienne ?», s’interroge un médecin affecté dans une ville de l’Ouest.

Pour permettre aux hôpitaux et structures de santé situés dans les zones reculées, notamment dans les régions rurales et dans le sud du pays, l’Etat a décidé d’affecter d’office de nouveaux médecins spécialistes. Ces derniers effectuent durant deux ans un «service civil». Après cette période, ils peuvent changer de structure ou s’installer à leur compte. Mais souvent, les conditions d’hébergement et les salaires qui leur sont affectés sont décriés.

Rania Aghiles