Cinq candidats au moins sont en lice pour diriger le premier gouvernement syrien chargé d’administrer les zones rebelles, dont le chef doit être élu lors d’un scrutin à bulletin secret, marquant une rupture avec un demi-siècle d’un système absolutiste, a-t-on appris auprès de l’opposition.

La Coalition de l’opposition a décidé de se réunir le 2 mars à Istanbul pour élire le chef du «gouvernement provisoire» et discuter ensuite de sa composition alors que le conflit meurtrier en Syrie entrera dans sa troisième année.

Le Conseil national syrien (CNS), principale formation de l’opposition, «a décidé hier (lundi) de proposer trois noms pour le poste de premier ministre», a indiqué à l’AFP l’un de ses membres, Samir Nachar.

Il s’agit de Burhan Ghalioun, ex-chef du CNS et un des premiers opposants à s’être fait connaître par les médias, de Salem al-Moslet, et de l’économiste Oussama Kadi, tous trois membres du CNS.

«D’autres noms circulent en dehors du cadre du CNS», comme l’ex-premier ministre syrien Riad Hijab, qui avait fait défection l’été 2012, ou encore l’opposant Khaled Moustapha, a indiqué M. Nachar.

«D’ici le 2 mars, il se peut que les consultations (entre le CNS et les autres membres de la Coalition) aboutissent à un consensus sur un nom», a-t-il précisé.

Interrogé sur la question par l’AFP, le porte-parole de la Coalition, Walid al-Bounni, s’est refusé à évoquer les noms des candidats.

Les 64 membres de l’Assemblée générale de la Coalition «voteront à bulletin secret pour élire le premier ministre», a-t-il précisé.

À la question de savoir si M. Hijab était candidat, il a répondu «Si quelqu’un propose son nom, pourquoi pas?».

«La réunion tentera également de jeter les bases du futur gouvernement», a-t-il ajouté.

Il a réaffirmé que le cabinet rassemblerait des «technocrates». «Ce sont des gens qui doivent s’occuper d’administrer les affaires courantes dans les territoires libérés, comme l’électricité, l’eau», a-t-il dit.

L’idée de former un gouvernement provisoire est intervenue alors que le conflit sanglant s’éternise en Syrie et que les insurgés contrôlent de larges territoires dans le nord et l’est du pays.

Selon les experts, la prochaine création d’un tel gouvernement devrait permettre à l’opposition en exil de rattraper son retard sur les groupes islamistes bien implantés sur le terrain et surtout gagner en crédibilité auprès des Syriens de l’intérieur et de la communauté internationale.

Lu sur La Presse.ca