Le journaliste Khelaf Benhadda, présentateur du JT en français de la chaîne de télévision privée Numidia News, a été victime d’une censure inqualifiable. Pour avoir invité l‘ancien ministre du Commerce et de l’Industrie, El-Hachemi Djaâboub, membre du parti islamiste le MSP, une formation politique qui active aujourd’hui dans l’opposition, ce journaliste a été contraint par direction de sa chaîne de censurer plusieurs passages au cours desquels l’invité de son JT adressait des critiques acerbes à l’encontre des autorités politiques. 

« J’ai refusé d’obtempérer à ces ordres et j’ai contesté cette censure car mon invité n’a diffamé personne et s’est contenté d’exprimer son avis sur la crise économique dont souffre en ce moment notre pays », explique Khelaf Benhadda dans une déclaration à Algérie-Focus. Le jeune présentateur du JT de Numidia News, rachetée récemment par l’homme d’affaires Mahieddine Tahkout, a décidé de ne pas censurer les propos qui dérangent la direction de la chaîne. Celle-ci n’a pas hésité à menacer son journaliste, lui signifiant sa suspension de ses fonctions. « Ils m’ont assuré que même mon salaire sera bloqué », s’indigne notre interlocuteur bouleversé par le traitement auquel il a eu droit de la part de la direction de Numidia News.

Les managers de cette télévision privée sont allés jusqu’à le harceler en lui intimant l’ordre de ne pas médiatiser cette affaire de censure sous peine de poursuites pénales. « Je n’ai pas cédé à leur change et j’ai décidé de démissionner. Et quand j’ai invoqué les motifs de censure dans ma démission, ils l’ont refusés. Ils m’ont demandé de réécrire une autre lettre de démission où je ne parle aucunement de la censure dont j’ai été victime. Même ma lettre de démission a été censurée en quelque sorte », s’étonne le journaliste qui affirme ne craindre nullement les menaces de la direction de Numidia News. Celle-ci a cru qu’elle pouvait faire taire facilement un jeune journaliste dont le seul tort est d’avoir interviewé un opposant au pouvoir actuel.

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