L’heure est à la provocation et ce groupe de jeunes Tunisiens a décidé de s’en servir comme arme. Pour contrer l’influence des salafistes en Tunisie, un groupe a créé une page Facebook sur laquelle il poste des photos de non-jeûneurs pendant le Ramadhan. Le mouvement crée d’ores et déjà la polémique au Maghreb.

C’est une réponse directe à la menace d’Adel Almi. Ces Tunisiens ont même devancé le président de l’Association centriste pour la sensibilisation et la réforme qui avait menacé quelques jours plus tôt de prendre en photo les non-jeûneurs en Tunisie. Dans le journal Assabah il demandait  l’autorisation de filmer les « fattaras » en flagrant délit, et avait appelé  le ministre de l’Intérieur, Lotfi Ben Jeddou à prendre des mesures coercitives.

Une chasse aux sorcières qui avait vivement choqué les internautes tunisiens sur les réseaux sociaux. Une polémique si forte que des militants ont décidé de faire leurs propres photos et de les divulguer sur les réseaux sociaux. Pour faire cette auto-dénonciation, ils ont décidé de créer une page le 10 juillet intitulée « Photos prises durant Ramadan chmeta fi Adel Almi », sur laquelle ils s’affichent en tant que « non-jeûneur ». « Cette page est ouverte à toute personne qui lance un défi a Adel Almi, en l’occurrence, on ira à la plage et on prendra des photos nous-mêmes » expliquent les initiateurs du mouvement, qui sont parvenus à attirer plus de  9 000 fans.

Pour ou contre ?

L’action reçoit autant de soutiens que de critiques. « Je tiens à dire chapeau aux Tunisiennes et aux Tunisiens car les  »fataras » existent aussi au Maroc et en Algérie mais ils ont peur de s’afficher en tant que tel (procès, arrestation, intimidation etc) » peut-on lire d’un côté, alors que d’autres compatriotes ne comprennent pas cette action : « apparemment tu n’as pas peur de te faire châtier par Allah!!! « wa ma ka’kouloune fi boutounihim illa ennar wala youkallimouhoumoullah… », je ne juge pas mais pensez à vos frères et sœurs à travers le monde qui ne peuvent pas pratiquer leur religion…vous êtes dans un pays musulman ou vous pouvez pratiquer et vous ne le faites pas ya waylatakom!!! », s’indigne une internaute.

#Ramadhan vs #fater

Sur twitter même combat. Un hastag #fater a été crée pour prolonger cette fronde contre la pression imposée aux maghrébins lorsqu’il s’agit du jeûne. Une internaute Myriam Karoui sur twitter est allée jusqu’à créer une carte interactive recensant tous les lieux où il est possible de manger la journée pendant le Ramadhan en Tunisie.

 

Mais à  l’inverse d’autres mouvements émergent pour contrer celui des « fattaras » :

 

Appréciée ou vilipendée, l’initiative suscite la curiosité et les militants qui ont initié ce mouvement n’hésitent pas à s’exposer avec des photos de leurs visages ainsi que leurs noms de famille, du jamais vu au Maghreb.

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