Le parti démocratique progressiste (PDP), considéré comme la principale formation de l’opposition légale en Tunisie, a dénoncé lundi la « censure déguisée » de son hebdomadaire « Al Maoukif », tandis que les autorités réfutent toute mesure de saisie du journal.

Selon un communiqué du PDP transmis à l’Associated Press, la distribution du journal par la société de diffusion a été « délibérément » réduite de 50 à 90%. Le rédacteur en chef Rachid Khéchana s’insurge contre ce « traitement particulier des plus scandaleux » pour un journal qui « ne vit que de ses ventes« . Selon lui, cette mesure a fait suite à « une opération systématique d’intimidation des vendeurs par des agents en civil ».

Il estime que cette « saisie illégale qui n’ose pas dire son nom » est motivée par la couverture consacrée à « l’agression perpétrée par des miliciens du parti au pouvoir contre des dirigeants du PDP conduits par sa secrétaire générale Maya Jribi » -version du reste démentie par les autorités. En manchette, Mme Jribi en impute la responsabilité au ministre de l’intérieur.

A quoi les autorités rétorquent que « contrairement à ce que prétendent des responsables du ‘PDP’, le dernier numéro d' »Al Maoukif » n’a fait l’objet d’aucune saisie« . Selon un communiqué gouvernemental, « ce numéro a été distribué de manière ordinaire et se trouve en vente dans les kiosques tout comme les autres journaux et magazines, dont ceux publiés par tous les partis d’opposition« .

Les autorités accusent le PDP de chercher à « attirer l’attention sur lui, fût-ce à travers la tromperie et les allégations fallacieuses« .

AP

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