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Mohamed Fizazi, dont le parcours chaotique trahit un opportunisme qui l’a fait manger à tous les râteliers, et même inspirer les attentats sanglants de Casablanca de 2003, a fini par se ranger sous la «djellaba» de Mohamed VI, l’amenant à soutenir la nouvelle Constitution de celui-ci, et à s’opposer avec violence au mouvement du 20 mars, désirant une véritable ouverture démocratique et l’avènement, comme dans plusieurs royaumes européens, d’une monarchie parlementaire.

Ces rappels pour replacer dans son contexte cette inattendue et très insultante lettre adressée au président Bouteflika. Celle-ci, en effet, est en quelque sorte indirectement signée par le roi Mohamed VI. Elle trahit au passage sa panique et son exaspération à mesure que le royaume chérifien s’enfonce dans la crise, tandis que l’Algérie continue d’engranger les victoires et les avancées dans divers domaines. Le moins que l’on puisse dire est que le royaume chérifien se trouve bel et bien au bord de l’hystérie.

C’est, en tous cas, la seule raison qui pourrait non pas justifier, mais uniquement expliquer, cette «lettre», ou plutôt ce brûlot commis par un terroriste-salafiste notoire, Mohamed Fizazi, qui a fini par se ranger sous la bannière du roi Mohamed VI et de son Makhzen depuis que Washington a commencé à traquer et à éliminer ce genre d’énergumènes partout dans le monde.

Inutile, sans doute, de revenir (en détails) sur le contenu de cette lettre véritablement insultante pour notre chef de l’État et, partant, pour tout le peuple algérien, puisque Bouteflika nous représente tous devant toute la communauté internationale.

Contentons-nous juste de relever ici, que ce barbu, sale et trop moche, interpelle le président Bouteflika en lui demandant, tenez-vous bien, de se «repentir» et de faire «acte de justice» car, à en croire l’auteur de ce torchon qui pourrait fort bien servir de rouleau de papier utilisé dans les toilettes, notre chef de l’État serait sur le point de décéder.

Si ce Fizazi, qui porte si mal le prénom de notre prophète (QSSL), était réellement musulman, bon croyant, et non plus ce vulgaire et misérable esclave au service d’un roi privé de toute valeur morale, il est certain qu’il aurait dû se rappeler que seul le Tout-Puissant connaît le jour et l’heure du décès de chacun de nous.

Fizazi, en fait, commet un impair très grave en s’exprimant de la sorte. Il se rend coupable de la pire des choses, celle que ne pardonne jamais le Seigneur, et c’est en quelque sorte de se substituer à Lui.

Mais venons-en au fait les plus marquants. Quels sont donc les «repentances» et «actes de justice» que le sieur Fizazi appelle de tous ses voeux. Hé bien, il ne s’agit rien moins que de… l’ouverture des frontières terrestres marocaines avec l’Algérie.

Si l’on part du principe que cet énergumène ne pratique pas le commerce de la drogue, ayant lui-même dénoncé quand il était encore «indépendant d’esprit» la famille royale d’être derrière ces pratiques criminelles, il est donc permis de supposer qu’il a été «invité» par cette dernière à s’exprimer de la sorte.

C’est en effet la seule explication possible et plausible qui peut venir à l’esprit de tout observateur averti de ce genre de dossiers brûlants. Preuve en est, d’ailleurs, que le sieur Fizazi va encore plus loin, adoptant carrément le ton utilisé par les clients et agents du Makhzen, pour évoquer la question du Sahara occidental. Ridicule.

C’est le seul mot qui vient à l’esprit quand on parcourt en diagonale la lettre de cet ancien salafiste et djihadiste, condamné même à trente ans de prison pour avoir «inspiré» les auteurs des sanglants attentats de Casablanca, et qui a également fréquenté des terroristes notoires et hyper dangereux, comme Mohamed Atta, un des cerveaux et exécutants des attentats du 11 septembre aux USA. L’homme, qui a dû goûter aux «délices» de la vie, donne l’air d’avoir été corrompu jusqu’à la moelle par le régime de Mohamed VI, si prompt à acheter les consciences des uns et des autres, à chaque fois que ses intérêts sont mis en péril.

Mais, cette fois-ci Mohamed VI et ses conseillers donnent l’air d’avoir fait appel à un très mauvais acteur, trahissant ainsi l’hystérie et la panique en train de les gagner à mesure que se rapproche la tenue de l’inéluctable référendum d’autodétermination du peuple sahraoui, et que le maintien de la fermeture de sa frontière terrestre avec l’Algérie lui fait perdre plusieurs milliards de dollars chaque année.

Lu sur Le Courrier d’Algérie 

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