24 H  après la défaite 1 à 2 face à la Belgique, le sélectionneur de l’Algérie Vahid Halilhodzic est la cible de toutes les critiques. Nombre d’observateurs avisés du football et de supporters des verts reprochent au technicien bosniaque ses choix tactiques. Est-il vraiment responsable de la défaite de son équipe ? Explications.

Vahid Halilhodzic doit avoir les oreilles qui sifflent ces dernières 24 heures. Le nom du sélectionneur de l’Algérie revient souvent lorsqu’il s’agit de commenter, et surtout critiquer, la prestation des Verts pour leur premier match dans le Mondial 2014. Et le moins que l’on puisse dire c’est que les spécialistes du ballon rond et les supporters lambdas des Fennecs ne sont pas tendres avec l’entraîneur de l’Algérie. Ils l’accusent tout simplement d’être le principal responsable de la défaite des Verts face aux Diables rouges et d’avoir conduit à la faillite ses joueurs par des choix tactiques, hérités d’un football d’un ancien temps.

« Responsable de la défaite à 90% »

Oui, ce qui agacent les commentateurs de football, en Algérie et à l’étranger, c’est bien la manière avec laquelle les Verts se sont inclinés mardi sur la pelouse du stade de Belo Horizonte. L’ex-star du football algérien Lakhdar Belloumi met explicitement en question les choix opérés par Vahid Halilhodzic durant la rencontre. « La Belgique a su faire les changements qui s’imposaient. Halilhodzic aurait dû changer des choses, et il ne l’a pas fait. Pourquoi remplace-t-il un attaquant (Soudani) par un autre attaquant (Slimani) ? Il fallait laisser les deux joueurs sur le terrain. Vahid Halilhodzic a bricolé. Pour moi, il est responsable de la défaite à 90 % », a-t-il asséné mercredi sur le site de Jeune Afrique.

Le champion du monde 1998, Christophe Dugarry a, lui aussi, estimé que Vahid Halilhodzic a perdu le duel des entraîneurs qui l’opposait mardi au Belge Marc Wilmots. « L’Algérie a beaucoup trop défendu et je dirais que, tactiquement, Vahid n’a pas fait un très grand match même si les deux équipes ont été décevantes », a considéré Christophe Dugarry mardi soir sur le plateau du Grand Journal sur Canal +.

« Le sinistre coach Vahid »

Le plus virulent à l’encontre de Vahid Halilhodzic est sans conteste le journaliste de la radio française RMC, Daniel Riolo qui a allumé l’ex-entraîneur du PSG. Avec cette stratégie de jeu hyper-défensive, le consultant de RMC ne voit même pas l’Algérie passer au deuxième tour du Mondial. « Avec une tactique d’un autre temps, l’Algérie de l’austère Halilhodzic a failli réussir son holdup […] Heureusement, en seconde période, le match a tourné. Je dis heureusement parce que je préfère toujours les équipes qui jouent, qui tentent. Depuis le début de ce Mondial, tous ceux qui pratiquent un foot positif sont récompensés. La défense des Algériens n’a pas tenu et en modifiant sa compo, la Belgique a logiquement trouvé la faille […] L’Algérie, elle, est partie pour faire un petit tour et rentrer à la maison. Elle pourra alors dire merci et surtout adieu au sinistre coach Vahid », a-t-il attaqué au micro de RMC mardi soir.

Mais coach Vahid avait-il seulement le choix ? Pouvait-il seulement se permettre de jouer de manière plus attrayante ? Le sélectionneur de l’Algérie n’a certes pas été l’auteur d’un coaching gagnant pour l’entrée en lice de son équipe dans la compétition, à la différence de son homologue belge, mais il faut reconnaître que le banc de touche algérien était bien moins fourni que celui d’en face. Si plusieurs cadres de l’équipe nationale bâtie par Vahid Halilhodzic évolue à l’étranger, la majorité d’entre eux disposent d’un faible temps de jeu. Jeunes, inexpérimentés et dans un état de forme moins bon que leurs rivaux belges, qui sont pour la plupart des titulaires indiscutables des meilleurs clubs européens, les Algériens n’avaient pas les armes pour déstabiliser le bloc rouge et noir.  Lakhdar Belloumi analyse ainsi : « Physiquement, l’équipe a eu des difficultés, ce qui n’est pas étonnant, car plusieurs joueurs ont eu peu de temps de jeu en club cette saison ».

« Pas le talent et l’expérience nécessaire »

C’est certainement José Mourinho, l’entraîneur portugais de Chelsea, qui résume le mieux la situation. « L’Algérie est une équipe avec moins d’expérience, moins de bons joueurs et moins de possibilités. Peuvent-ils gagner un match ? Je le pense. Peuvent-ils être des adversaires difficiles ? Je le crois également. Mais ils n’ont pas suffisamment de talent et d’expérience. Ils ont du caractère et de l’organisation, mais ils n’ont pas le talent et l’expérience nécessaires pour gagner », a déclaré sur Yahoo Sport, début juin, José Mourinho, qui mise sur une qualification aux huitièmes de finale de la Russie et de la Belgique. « La Belgique a du talent. Mais la Russie finira première du groupe devant la Belgique », avait-il alors précisé. Aux internationaux algériens et à Vahid Halilhodzic de ne pas lui donner raison.