La Palestine est devenue, ce jeudi 29 novembre, un «État observateur non membre» des Nations unies. Cette décision a été prise à l’Assemblée générale de l’ONU, grâce à un vote de 138 voix pour, 9 contre et 41 abstentions.

La décision de rehausser le statut de l’Autorité Palestinienne à l’ONU d’ « entité observatrice » à « Etat non membre » est désormais réelle. Elle a été approuvée ce jeudi 29 novembre à l’assemblée qui compte 193 nations. L’ONU reconnaît ainsi implicitement l’existence d’un Etat palestinien souverain, une victoire diplomatique pour le président de l’Autorité Palestinienne Mahmoud Abbas.

Soutien des pays émergents

M. Abbas a obtenu le soutien de la grande majorité des pays en voie de développement, de la Russie, de la Chine ainsi que de plusieurs gouvernements européens. Ce nouveau statut permettra aux palestiniens, s’ils le souhaitent, de saisir la Cour Pénale Internationale (CPI). Il donnera également accès aux agences de l’ONU et aux traités internationaux.

Plusieurs pays européens, notamment la France, ont voté pour le rehaussement du statut de la Palestine à l’ONU. Le Hamas, au gouvernement à Gaza, a également appuyé la démarche de l’Autorité Palestinienne, malgré leur profonde mésentente.

Réactions hostiles et incompréhensions

Israël et les Etats-Unis, étaient fortement opposés à cette résolution, menaçant de réduire les aides qu’ils versent à l’Autorité Palestinienne. Hanan Ashrawi, membre de l’OLP (l’Organisation de Libération de la Palestine), a déclaré lors d’une conférence de presse à Ramallah que les palestiniens ne pouvaient pas constamment faire « l’objet de chantage avec de l’argent ».

La secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton a déclaré la veille que Mahmoud Abbas devait plutôt se concentrer sur la reprise des négociations de paix, au point mort depuis 2 ans en partie à cause de la colonisation israélienne en Cisjordanie, et que cela devait se faire à Jérusalem et Ramallah et non pas à New York. Mahmoud Abbas s’est engagé à relancer le processus de paix immédiatement après le vote des Nations Unies.

Vers une réconciliation ?

Suite à ce vote, qui lui confère une certaine légitimité internationale, Mahmoud Abbas devra se saisir de cette opportunité afin de se concentrer sur sa nécessaire réconciliation avec le Hamas pour retisser l’union des palestiniens. Il devra également relancer le processus de paix avec Israël, qui ne pourra débuter qu’après les élections législatives israéliennes du 22 janvier 2013, et tâcher de ne pas retomber dans le schéma asymétrique d’Oslo.

LS