Invité sur les ondes de la radio française internationale RFI, Anouar Rahmani un jeune blogueur algérien auteur du blog Journal d’un Algérien hors du commun, revient sur la difficulté de défendre les minorités en Algérie, à imposer le changement et le respect des libertés individuelles en appelant à une véritable citoyenneté en Algérie. Le blogueur très actif sur la toile revient sur les menaces et les pressions qu’il ne cesse de subir en raison de ses écrits et ses idées, jugées «provocantes » par les islamistes.

Dans cette vidéo, l’auteur du blog Journal d’un algérien hors du commun ou un Algérien atypique revient sur son objectif premier à travers la création de ce blog dans lequel il évoque les questions taboues liées non seulement à la sexualité, mais également à la religion et à la politique. « J’ai appelé mon blog ainsi pour m’exprimer sur une citoyenneté véritable parce que’aujourd’hui en Algérie cette nôtre a été dénaturée étant donné que l’Algérien s’intéresse à des sujets secondaires loin d’attirer l’attention des autres citoyens dans le monde. À travers mon blog, j’exerce modestement ma citoyenneté ». Pour ce jeune blogueur, l’Algérien ne s’intéresse pas à la politique ou à la vie des partis ce qui provoque un gel de la vie politique. «Les Algériens accordent une attention plus importante aux problèmes sociaux tels que le logement et le travail, pourtant il s’agit là de droits fondamentaux. Mon objectif est de recentrer le débat des citoyens algériens sur la citoyenneté véritable, la question politique et celle des libertés individuelles », ajoute-t-il.

Anouar Rahmani, dont une majorité d’écrits porte sur la défense des minorités dont la communauté lesbiennes, gays, bisexuels et trans ou LGBT, explique ce qui l’a motivé à choisir ces thèmes. «Mon objectif en abordant ces sujets est d’apporter une valeur ajoutée. Mon choix de traiter des thèmes sur les minorités, notamment sexuelles vient de mon désir de les intégrer dans la société et de les faire accepter telles qu’elles sont », répond-il.

Reconnaissant les risques qu’il encoure en brisant les tabous de la société, Anouar Ramhani déclare vouloir pousser la société à réfléchir sur l’importance des libertés individuelles et à penser différemment. « La différence n’est pas un crime », précise-t-il. Le blogueur souvent victime de menaces et de poursuites en raison de ses articles et idées avoue avoir été pendant 5 semaines consécutives l’objet de prêche contre lui au niveau de la mosquée de son quartier. «Je trouve que c’est de la bassesse intellectuelle de renier la démocratie et d’utiliser mon activité pour retourner la société contre mois », conclut-il sur les ondes de RFI. « Je ne compte pas m’arrêter d’écrire. Je prône la tolérance, je suis contre la violence », a encore déclaré le blogueur.

Nourhane S.

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