Longtemps considéré comme parmi les plus opaques régimes politiques dans le monde, le pouvoir algérien constitue plus que jamais un centre d’intérêt pour les experts anglo-saxons notamment américains. Et dans une enquête minutieuse menée sur la situation politique en Afrique, deux chercheurs du prestigieux  The Washington Institute for Near East Policy (Winep) ont planché sur l’identité du régime algérien. Qui détient réellement le pouvoir en Algérie ? A cette question, Robert Satloff et Sarah Fauer ont répondu avec plusieurs éléments factuels qui devraient attirer l’attention des Algériens. 

“Les appareils politiques et de sécurité en Algérie demeurent opaques, mais le pouvoir est généralement présumé et détenu par les groupes de chefs militaires, d’agents de renseignement, d’hommes d’affaires et de politiciens collectivement appelés le pouvoir”. C’est avec ces termes que Robert Satloff et Sarah Fauer définissent le régime algérien.

Les deux experts considèrent également que le contexte régional instable dans lequel évolue l’Algérie peut lui provoquer une sérieuse instabilité.  Ces deux analyses américains citent à titre d’exemple l’attaque de Marrakech (Maroc) en avril 2011, l’occupation par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) d’une partie du nord du Mali ou la meurtrière attaque de la base gazière de Tiguentourine, à In Amenas début 2013, ainsi que la tentative avortée de l’autoproclamé État islamique (Daech) de s’implanter à Ben Guerdane, dans le sud de la Tunisie. Ces événements témoignent d’un »sérieux défi de radicalisation à l’intérieur de leurs frontières”,  notent-ils dans leur enquête sur la situation qui prévaut actuellement en Afrique du Nord. « Les mouvements de contestation en Algérie, “conservent le potentiel de déclencher une réelle instabilité”, avertissent enfin Robert Satloff et Sarah Fauer. Il est à souligner que  ROBERT Satloff est le directeur exécutif et titulaire de la Chaire Howard P. Berkowitz dans la politique du Moyen-Orient à l’Institut américain de Washington.  Cet expert du monde arabe a publié de nombreux ouvrages sur le processus de paix israélo-arabe, le défi de l’ islam politique et la nécessité de réorganiser la diplomatie des États – Unis au Moyen – Orient.

Quant à SARAH FEUER, elle est une spécialiste de la politique et la religion en Afrique du Nord. Elle est également un Fellow Soref à l’Institut de Washington.

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