«C’est une ignominie ce qu’ils ont fait». C’est en ces termes que Saïd Bouteflika, le frère et conseiller du président de la République, a qualifié l’humiliation de Rachid Boudjedra par la chaîne de télévision Ennahar.

En face de Bouteflika, Rachid Boudjedra, qui assistait au rassemblement de soutien organisé, ce samedi, à Alger, a demandé au conseiller de la présidence d’agir. «Il faut que vous fassiez quelque chose ! La Justice et l’Intérieur doivent intervenir. Ne me laissez pas seul !», a dit l’écrivain. Saïd Bouteflika a acquiescé.

Quelques minutes après cette séquence, dont la vidéo fait le tour de la toile, Anis Rahmani, directeur de la chaîne Ennahar, a décidé d’arrêter l’émission «Rana hkemnak» (On t’a eu), qui suscite une véritable levée de boucliers. «J’ai décidé d’arrêter cette émission pour ne pas faire d’Ennahar un mur des lamentations», a affirmé, un tantinet arrogant, le sulfureux responsable sur Twitter. L’information a été vite reprise par la chaîne Ennahar qui n’a même pas fait écho de la manifestation qui se déroulait devant le siège de l’Autorité de régulation de l’activité audiovisuelle (ARAV).

Interpellé par l’opinion publique sur les dérives de la chaîne Ennahar TV, le président de l’ARAV a dénoncé ce genre d’émissions. Zouaoui Benhamadi a pointé du doigt des émissions, notamment les caméras cachées qui, sous couvert de divertissement, montrent des séquences dont «la brutalité et la vulgarité sont une insulte à la dignité humaine». «Nous sommes abasourdis par tant de légèreté dans certains programmes», a-t-il regretté.

Mais Zouauoui Benhamadi a estimé qu’il n’existe pas de cadre réglementaire qui l’autorise à intervenir. «Nous avons agi jusqu’à maintenant de manière pédagogique, mais il est temps qu’on passe à autre chose pour parachever l’aspect disciplinaire et règlementaire» de l’organisation du secteur audiovisuel, a indiqué M. Benhamadi dans une déclaration à l’APS. Il espère qu’avec «un nouveau gouvernement et un nouveau ministre de la Communication,   on va avancer sérieusement sur le dossier de la réglementation du champ   audiovisuel».

Rania Aghiles