Après des années de froid, l’Algérie et l’Arabie saoudite semblent avoir ouvert une nouvelle page dans leurs relations bilatérales. La visite, effectuée mardi et mercredi, par le premier ministre, Abdelmalek Sellal, à Riyadh, semble avoir fini par dissiper les malentendus entre les deux pays.

A la tête d’une délégation composée de ministres et d’hommes d’affaires, le Premier ministre a eu tous les honneurs : audience avec le roi Selmane, visite dans les Lieux Saintes et surtout et une ribambelle de contrats économiques paraphés par les « patrons » des deux pays. On évoque, sans confirmation officielle, un engagement pour des investissements saoudiens de plus de 10 milliards de dollars. Un chiffre qui contraste avec ceux affichés par d’autres pays du Golfe qui, souvent, annoncent des montants qui ne se réalisent presque jamais.

Toujours dans le chapitre économie, Alger et Riyadh ont retrouvé une certaine chaleur dans leur relation suite au sommet de l’OPEP qui s’est tenu récemment à Alger. Les deux capitales s’entendent surtout sur la nécessité de réduire la production de pétrole pour soutenir une éventuelle hausse des prix. C’est d’ailleurs cette entente algéro-saoudienne qui joué dans la balance lorsqu’il a fallu arracher un accord a mima entre les membres de l’OPEP.

Sur le plan politique, les deux capitales ont surtout réussi à dépasser leurs rivalités nées notamment des refus systématiques de l’Algérie de s’engager dans la «force arabe» intervenant au Yémen. L’Algérie est le seul Etat de la Ligue arabe à s’être opposée de manière claire à une intervention armée dans ce pays. La position algérienne a bien sûr irrité Riyadh. Mais les intérêts économiques mutuels, conjugués à la chute des prix du pétrole, ont fini par rapprocher les deux pays. La lune de miel durera-t-elle ?

Essaïd Wakli

 

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