Malgré l’ostracisme de l’Etat algérien et sa négation de la culture et de l’identité amazigh, les Algériens ne veulent pas laisser périr leurs traditions séculaires. Officielle ou pas, la fête de Yennayer, qui marque le début du nouvel An Amazigh, est célébrée dans une ambiance familiale marquée par la joie à travers tout le territoire national. Reportage à Alger.

La capitale, Alger, ne déroge pas à cette règle. Les familles algéroises ne lésinent pas sur leurs efforts pour les préparatifs à cette fête du Nouvel an « bien de chez nous », dit Rabah, un jeune père de famille rencontré ce matin dans la mythique Rue Tanger (Rue Ahmed Chaïb) à Alger-centre. «Il n’est pas question pour ma grand-mère de rater la célébration de cette fête. Comme de coutumes, elle tient vraiment à ce que cette occasion soit célébrée comme il se doit, avec un succulent couscous au poulet, garni d’une bonne sauce épicée, et des légumes secs », d’où les deux poulets qu’il vient d’acheter. «C’est une fête qui permet à toute la famille de se rencontrer autour d’un bon dîner. Des retrouvailles dans une ambiance de fête familiale. Et puis, c’est avec une grande fierté de perpétuer cette tradition qui remonte à très loin. Une tradition qui évoque de glorieuses périodes de nos ancêtres berbères », dit-il avec fierté.

Pour Célia, une jeune fille habitant Ain Benian, dans la Beaulieu à l’est d’Alger, « Il n’est pas question de s’en passer de cette fête, célébrée par ma famille depuis que je suis toute petite. Elle fait partie de nos traditions. C’est une fête qui s’est ancrée dans nos us », dit-elle.  « On prépare le fameux couscous aux sept épices. On ramène aussi des friandises pour les enfants ». Même constat de son amie Raïssa, une jeune Algéroise, originaire de Constantine, «Chez moi, on prépare plutôt une Rechta constantinoise » dit-elle.

Les vendeurs de fruits secs et de friandises dans la capitale ne perdent pas de vue cette fête, puisque leur marchandise fait partie du rituel de célébration. « On a l’habitude de nous approvisionner en cette période, car il y a un grand engoulement de clients pour les célébrations de Yennayer.  Tout comme le 31 décembre, ou à la veille du Mawlid Ennabawi, les Algérois célèbrent aussi le nouvel an Berbère. C’est tant mieux, car c’est ce qui fait aussi la richesse de notre patrimoine culturel » déclare Hamid, un vendeur de fruits secs à rue Bab Azzoun.

Il est à noter également que des dizaines d’activités culturelles sont organisées pour les célébrations du nouvel an Amazigh, un peu partout à travers la capitale Alger.

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