Gaz : Les exportations algériennes de GNL explosent face aux tensions au Moyen-Orient

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Les répercussions de la guerre au Moyen-Orient se font ressentir sur les marchés énergétiques mondiaux, et l’Algérie s’impose plus que jamais comme un fournisseur incontournable pour l’Europe. Depuis le début des tensions israélo-américaines contre l’Iran fin février 2026, les exportations algériennes de gaz naturel liquéfié (GNL) ont connu une hausse spectaculaire.

Une augmentation de 74 % en quinze jours

Selon les données récentes de l’Energy Research Unit basée à Washington, les livraisons algériennes de GNL ont bondi de 74 % lors des deux premières semaines de mars 2026. Elles ont atteint 462 000 tonnes, contre 250 000 tonnes durant la même période en février. Cette dynamique s’est accélérée entre la première et la deuxième semaine de mars, passant de 201 000 à 261 000 tonnes (+29 %). En comparaison avec l’année précédente, la hausse s’établit à 56 %.

Cette performance confirme la capacité de l’Algérie à répondre rapidement aux besoins urgents des marchés européens. Sa position géographique privilégiée sur le bassin méditerranéen lui permet d’assurer des livraisons sécurisées, évitant ainsi les risques liés à la paralysie du détroit d’Ormuz.

La France et la Turquie, principaux bénéficiaires

Face à l’instabilité mondiale, l’Algérie cherche à saisir les opportunités offertes par le marché spot du GNL. Les opérations de chargement s’intensifient, et plusieurs pays européens en bénéficient directement.

La France a enregistré une croissance remarquable de ses importations de GNL algérien, passant de 65 000 tonnes la première semaine de mars à plus de 108 000 tonnes la deuxième semaine. La Turquie n’est pas en reste, avec des volumes grimpant de 61 000 à 76 000 tonnes. L’Espagne a également reçu une cargaison de 75 000 tonnes début mars, sa première depuis trois mois, tandis que la Croatie a réceptionné sa première livraison (76 000 tonnes) depuis juillet 2025.

Par ailleurs, l’Algérie envisage de rediriger certaines cargaisons vers des pays arabes importateurs tels que l’Égypte, la Jordanie, le Koweït et Bahreïn, consolidant ainsi son rôle de partenaire énergétique régional.

Contraste avec les exportations de pétrole

Si les ventes de GNL atteignent des sommets, les exportations de pétrole algérien ont connu une tendance inverse sur la même période. Elles ont baissé de 22,7 % durant les deux premières semaines de mars, s’établissant à une moyenne de 270 000 barils par jour, contre 350 000 barils en février. Toutefois, un rebond a été observé lors de la deuxième semaine de mars, avec 336 000 barils par jour.

Les principaux acheteurs du brut algérien restent le Royaume-Uni (114 000 b/j), l’Espagne (113 000 b/j), les Pays-Bas (109 000 b/j) et la France (47 000 b/j).

Dans un contexte géopolitique volatil, l’Algérie démontre sa résilience et renforce sa position stratégique sur l’échiquier énergétique mondial, en particulier en tant que garant de la sécurité d’approvisionnement gazier de l’Europe.

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