L’Algérie fer de lance de la résistance à Israël, le Maroc dans l’isolement

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L'Algérie fer de lance de la résistance à Israël, le Maroc dans l'isolement

Dans une récente étude réalisée par l’Institut américain « Malcolm Carnegie », des observations intrigantes ont émergé concernant les dynamiques complexes au sein de la région d’Afrique du Nord. L’étude met en évidence le rôle de l’Algérie en tant que figure de proue de la résistance à la normalisation avec Israël, tandis que la normalisation de ce dernier avec le Maroc a des répercussions sur les équilibres régionaux.

Le Royaume du Maroc se trouve confronté à un isolement croissant dans la région, conséquence directe de son rapprochement avec Israël en décembre 2020, un pas audacieux qui a rapidement attiré l’attention et suscité des réactions parmi ses voisins.

L’étude, dirigée par la chercheuse américaine Sarah Yerkes et intitulée « L’Algérie, la Tunisie et la Libye s’opposent à la normalisation avec Israël », examine la situation actuelle en Afrique du Nord à l’aune du troisième anniversaire des « Accords d’Abraham ». Ces accords ont été conçus pour établir des relations économiques et politiques entre les pays arabes et Israël, sous la médiation des États-Unis.

Parmi les pays voisins du Maroc, trois se démarquent par leur opposition farouche à cette normalisation : l’Algérie, la Tunisie et la Libye. Ces nations ont pris position contre le rapprochement avec Israël, créant ainsi des divisions au sein de la région.

L’Algérie, dans son opposition à la normalisation, a régulièrement réaffirmé son rejet des accords, en particulier après l’accord tripartite entre les États-Unis, le Maroc et Israël. Cet accord a vu la normalisation des relations entre Israël et le Maroc en échange de la reconnaissance de la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental. L’étude met en avant une montée en audace de la position algérienne contre le Maroc et Israël, tout en renforçant ses liens avec l’Iran pour contrer ce qu’elle perçoit comme une alliance montante entre le Maroc et Israël.

La Tunisie, quant à elle, a également exprimé son opposition catégorique à la normalisation avec Israël. Le président tunisien, Kaïs Saïed, a publiquement qualifié ceux qui établissent des relations avec Israël de « traîtres ». En août 2023, il a réitéré cette position en affirmant que la normalisation était une « trahison ». Parallèlement à ces déclarations, la Tunisie a entamé l’examen d’un projet de loi visant à criminaliser la normalisation avec Israël.

L’étude souligne également l’évolution des relations bilatérales entre l’Algérie et la Tunisie, qui se sont rapprochées ces derniers temps. Cependant, ce rapprochement s’est accompagné d’un différend entre la Tunisie et le Maroc. En août 2022, le président Saïed a chaleureusement accueilli Ibrahim Ghali, le chef du Front Polisario, à Tunis lors de la Conférence internationale sur le développement en Afrique à Tokyo. Cette rencontre a déclenché un rappel de l’ambassadeur du Maroc en Tunisie et une réaction similaire de la part de la Tunisie envers le Maroc.

Dans ce contexte, l’étude conclut que le Maroc, en raison de sa normalisation avec Israël, s’est retrouvé isolé dans la région. Elle rappelle toutefois que l’Algérie a récemment rouvert son espace aérien aux avions marocains pour permettre l’acheminement de l’aide humanitaire au Maroc après le séisme de septembre dernier. Cependant, il est essentiel de noter que cette initiative ne doit pas être interprétée comme un signe de réconciliation régionale, mais plutôt comme un exemple des défis auxquels est confronté le Maroc en raison de sa normalisation avec Israël, qui semble l’isoler davantage de ses voisins.

Cette étude met en lumière les tensions régionales complexes résultant des choix politiques en matière de normalisation, qui continueront probablement d’influencer la politique étrangère de la région dans les années à venir.

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