Politique/ Le FLN tente de chahuter le congrès de l’opposition

0
Advertisement

La classe politique algérienne marque un nouveau tournant historique en cette journée de mercredi 30 mars. Partis du pouvoir et ceux de l’opposition organisent, chacun de son coté, une grande messe pour convaincre les Algériens de la justesse de leur cause. Mais à l’occasion de cette confrontation à distance, des divergences apparaissent dans les deux camps, notamment au sein de la mouvance de l’allégeance qui voit ses deux principaux pôles s’entre-déchirer.

Il est vrai que les fractures les plus visibles sont à signaler dans les rangs du pouvoir. Et l’acteur principal de ce vaudeville, Amar Saadani, en rajoute une couche ; la veille du meeting de soutien au chef de l’Etat, que le FLN et ses satellites comptent tenir à la Coupole du 5-Juillet, le secrétaire général tire à boulets sur son principal allié au gouvernement, à savoir Ahmed Ouyahia, et des membres de l’exécutif. Il a estimé, dans une déclaration à la radio, qu’Ahmed Ouyahia «n’est pas digne de confiance». Pour lui, le secrétaire général du RND, qui refuse d’impliquer son parti dans cette initiative du FLN, n’est motivé que par «sa volonté de se présenter à l’élection présidentielle» de 2019. Il appelle donc le chef de l’Etat à le démettre de ses fonctions de directeur de cabinet de la Présidence de la République.

Plus que cela, Amara Saadani estime que le ministre des Finances doit être révoqué et que le gouverneur de la Banque d’Algérie Mohamed Laksaci, n’est qu’un fonctionnaire «aux ordres d’un ancien général à la retraite». Il doit donc quitter son poste.

A ces polémiques, dont seul Saadani a le secret, s’ajoute deux autres défections de taille. En plus du RND, le MPA (Mouvement populaire algérien) d’Amara Benyounès a décidé de ne pas participer au meeting convoqué par Amar Saadani. Ce qui réduit la rencontre à un meeting du FLN, soutenu par des micro-partis qui parasitent le régime en place.

Du coté de l’opposition, qui se réunit mercredi à Zeralda, il n’y a pas de grandes défections. Mais des critiques fusent de l’intérieur de l’ISCO (Instance de suivi et de la coordination de l’opposition). Certains partis et personnalités n’ont pas vu d’un bon œil la présence de certaines personnalités à ce congrès. Il s’agit notamment de l’ancien premier ministre, Abdelhamid Brahimi, et de certains dirigeants du FIS dissout.

Une donne qui n’a pas pour objectif de donner plus de crédit à une classe politique qui n’a plus la confiance des Algériens depuis fort longtemps.

Essaïd Wakli

Article précédentSituation des étudiants algériens en France/ L’Ambassade de France à Alger réagit au rapport de l’Addra. 
Article suivantUn pont, 3 pays : la grande réussite de l’Europe et le terrible échec du Maghreb