Quelques jours seulement après avoir reçu la visite du juge français, Marc Trévidic, qui enquête sur la mort des moines de Tibéhirine en 1996, l’Algérie envoie, à son tour, un juge à Paris pour poursuivre les investigations.

Le juge algérien, dont l’identité est gardée secrète et qui est arrivé à Paris accompagné de deux collaborateurs, se trouve en France depuis dimanche dernier pour épauler son homologue français, Marc Trévidic, chargé de l’enquête de la mort des moines du monastère de Tibéhirine en 1996, indique ce lundi l’AFP, qui dit apprendre la nouvelle auprès d’une « source proche du dossier à Alger ». Le juge algérien en question est spécialisé dans le terrorisme et le crime organisé, il doit entamer son travail ce lundi, précise l’AFP.

Le représentant de la justice algérienne, envoyé à Paris, souhaite, « interroger » deux anciens officiers des services secrets français,en l’occurrence Pierre le Doaré, ancien chef d’antenne de la DGSE à Alger (1994-1996), et Jean-Charles Marchiani, ancien officier du même service. Ce dernier affirme avoir été chargé par le Président français de l’époque Jacques Chirac de négocier une rançon auprès du Groupe Islamique Armé (GIA) qui avait revendiqué le massacre.

La visite du juge algérien à Paris intervient quelques jours seulement après celle de Marc Trévidic en Algérie, où le juge français a été autorisé à assister à l’exhumation de la tête décapitée des sept moines du monastère de Tibéhirine, exécutée en mars 1996. L’opération s’est déroulée en début de semaine passée, près de Médéa, dans la plus grande discrétion. Le cimetière était quadrillé pour l’occasion par un fort dispositif sécuritaire les éléments de l’armée. Aucune information officielle n’a été divulguée à ce sujet.

La polémique autour de la mort des sept moines, après leur rapt par le GIA, selon la version officielle, revient épisodiquement au devant de la scène médiatique en France. Si le GIA avait revendiqué leur assassinat, certains cercles en France ne sont pas trop convaincus de cette version. Ces derniers penchent plutôt pour une «bavure» de l’armée algérienne. D’où l’enquête du juge Marc Trévidic.

Elyas Nour