Une première dans les annales du parlement algérien : les débats sur la Loi de finances 2017 ne durent qu’une demi-journée. Présentée lundi dans l’après-midi, la plus importante loi que le gouvernement élabore durant toute l’année ne fera donc l’objet que de petites interventions. A peine une trentaine de députés sont appelés à prononcer sur une loi qui engage pourtant la vie des Algériens durant l’année à venir.

Dans leurs premières interventions, les rares députés qui ont eu le privilège de s’exprimer sur le sujet ont notamment relevé le recours à des solutions de facilité face à une crise qui risque de mettre à mal le pays.  Mourad Senani, du Parti des travailleurs (PT), a estimé que le gouvernement a eu recours à des «solutions de facilité qui touchent le pouvoir d’achat du citoyen, une politique qui a commencé avec la loi de finances 2015 et se  poursuit en 2017, par la création de nombreuses taxes imposées notamment aux  produits énergétiques, ce qui se répercutera négativement sur  les produits agricoles et les moyens de transport». «Il y a également la taxe  sur la valeur ajoutée qui est passée de 17 % à 19 % », a-t-il ajouté, selon des propos rapportés par l’APS.

De son coté, Nadia Yefsah, du même parti, considère qu’il y a d’autres  solutions possibles au lieu de ces mesures d’austérité qui interviennent pour saper tous les efforts déployés par l’Etat durant les dernières années. «En dépit de la crise mondiale et le recul du prix du brut, il n’en  demeure pas moins qu’il y a des solutions possibles et il n’est  pas trop tard pour revenir en arrière», a-t-elle souligné

Le député Rahou Missoum a qualifié les mesures contenues dans le  projet de loi de «solutions d’apaisement conjoncturelles» qui traduisent  l’absence d’une vision claire relative à la diversification de l’économie nationale, critiquant l’orientation du gouvernement durant «l’aisance financière vers l’investissement dans l’infrastructure au détriment de la diversification de l’économie».

Dans l’après-midi de mardi, ce sont les chefs des groupes parlementaires qui s’exprimeront en attendant que le ministre des Finances ne donne la réplique. Aucun amendement proposé par les députés n’a été retenu. Ce qui confirme que le gouvernement veut opérer un véritable passage en force. Cela n’a pas été pratiqué même du temps du parti unique !

Essaïd Wakli