Algérie-France: Macron osera-t-il faire ce que ses prédécesseurs n’ont pas fait ?

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Emmanuel Macron
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France Algerie: Les déclarations de l’historien français Benjamin Stora à l’Agence France-Presse ont révélé certaines des raisons de l’absence de réponse des autorités algériennes à son rapport sur la colonisation française de l’Algérie, qu’il a remis à la présidence française en janvier 2021, à la demande de ce dernier.

D’après les propos de Benjamin Stora, considéré comme un conseiller spécial du président français Emmanuel Macron, sur les questions de mémoire, il a été constaté que la partie algérienne n’a pas répondu au rapport que Stora a rédigé, car ce dernier ne se concentrait que sur les sept années de la révolution de libération, tandis que l’âge de l’occupation française de l’Algérie s’étend sur plus d’un siècle et 32 ​​ans.

Selon ce que Benjamin Stora a cité le président Abdelmadjid Tebboune, l’Algérie croit en la nécessité de compléter un rapport qui passe en revue la durée de l’occupation française de l’Algérie et pas seulement les années de la révolution, une demande jugée objective, de l’avis des observateurs des relations algéro-françaises, parce que les crimes commis par la France coloniale pendant la période d’un siècle et quart, qui a précédé le déclenchement de la révolution de libération, étaient les plus grands et les plus odieux, et constituaient des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité, selon les dispositions du droit international.

La limitation de la période dont traite le rapport de Benjamin Stora aux années de la révolution et non aux autres années d’occupation cache un stratagème astucieux selon lequel les autorités françaises cherchent à effacer les crimes de l’occupation d’avant 1954, ainsi qu’à établir une idée fausse que la « violence » ou les « crimes » pendant la période de la « guerre d’Algérie » (c’est-à-dire la révolution de libération), comme on l’appelle dans la littérature historique sur la rive nord de la Méditerranée, étaient des deux côtés, c’est-à-dire , de la part de l’armée d’occupation française, mais aussi de l’autre, représentée par l' »Armée de libération nationale », une approche injuste qu’elle tente de consolider Les « cercles rêveurs en Algérie sont français » de « pieds noirs » ( impérialistes) et « harki », et ceux-ci constituent le conteneur électoral qui soutient l’extrême droite hostile aux intérêts algériens dans l’ancienne colonie.

Alors que la partie algérienne estime que la révolution de libération, au cours de laquelle un million et demi de martyrs sont tombés, n’est rien d’autre qu’une continuation de la lutte du peuple algérien pour la libération du joug de l’occupation brutale depuis 1830, avec la différence de force, détermination, capacités et soutien international, sachant que le nombre de martyrs qui sont tombés depuis que l’armée française a mis le pied en Algérie, estimé à cinq millions et 630 mille martyrs, comme l’a déclaré le président Tebboune, alors que certains historiens évoquent le nombre total de martyrs à sept millions de martyrs, et il y a même ceux qui ont parlé de dix millions de martyrs.

Et si les crimes de l’occupation française pendant la révolution de libération ont été régulièrement documentés qui ont effrayé le monde, les crimes qui ont précédé 1954 restent moins documentés, bien qu’ils soient beaucoup plus horribles, car il y a des trônes et des tribus qui ont été anéanties, y compris les femmes, les enfants et les personnes âgées, au début de l’expansion de l’armée.Le colonialisme dans les zones adjacentes à la capitale, comme ce fut le cas pour les tribus Al-Awfia à El Harrach, puis dans l’Algérie profonde, à l’instar de ce que faisaient les Zaatcha. tribu a été soumise, pour n’en nommer que quelques-uns.

La différence entre les crimes de l’armée d’occupation dans la période d’avant 1954 et pendant la révolution de libération, c’est que l’armée française éliminait les tribus même lorsqu’elles ne résistaient pas afin de contrôler les terres puis le remplacement, c’est-à-dire la colonisation de dizaines de milliers d’Européens dans le but de modifier la structure démographique de l’Algérie, en vue de son annexion à la souveraineté française en Le cadre de la dénomination des territoires français d’outre-mer Outre mer, contrairement à la période de la révolution de libération, en où « l’armée de libération » était plus organisée, armée et répandue par rapport à la résistance populaire qui a précédé le déclenchement de la révolution.

La proposition, que le président Tebboune a transmise à son homologue français par l’intermédiaire de l’historien Benjamin Stora, a transféré la balle dans le but de Paris, qui a exprimé son mécontentement face à l’incapacité de la partie algérienne à répondre au projet de Macron de « réconciliation des mémoires ».

Et si Stora a soutenu la proposition, d’après ce qu’a rapporté « France Presse », le dernier mot reste pour le président français, qui s’efforce de résoudre le problème de la mémoire, mais la question que se posent de nombreux observateurs est : quelles sont les limites de Le geste de Macron dans ce dossier sensible ? Et dans quelle mesure est-il capable de franchir les lignes rouges qui ont été tracées pour lui et ses semblables par les précédents présidents français ? Toute description sérieuse et objective des pratiques de l’armée d’occupation sans reconnaître la survenance de « crimes de guerre » et de « crimes contre l’humanité » et sans en faire l’apologie, ne justifie plus la volonté de la partie française de résoudre la crise de son passé colonial.

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