Tous les clubs algériens, dits professionnels, sont en faillite. Seuls l’USM Alger, propriété du groupe ETRHB de Ali Haddad, et le MC Alger, racheté depuis quelques mois par la compagnie pétrolière Sonatrach (on ne sait pas encore où en sont les choses avec le MC Oran, la JS Saoura et le CS Constantine, qui devaient être racheté respectivement par Naftal, Enafor et Tassili Airlines, des filiales de la Sonatrach), échappent à cette règle.

Si la réglementation en terme de gestion d’entreprises leur a été appliqués, ces SSPA (Société sportive par actions) devaient mettre la clé sous le paillasson. Heureusement qu’elles évoluent dans un environnement «permissive» où les lois ne sont que rarement appliquées. Et cela dure depuis trois ans. La saison prochaine, quatrième année du football professionnel en Algérie, s’annonce encore plus difficile pour les clubs de l’élite.

D’où l’empressement de certains d’entre eux à dénicher un investisseur, quoi que d’autres présidents de clubs préfèrent pousser les choses jusqu’au pourrissement que de laisser leur place pour d’autres. Le Président de la Ligue de football professionnel (LFP), Mahfoud Kerbadj, a déclaré récemment qu’une dizaine de clubs pourraient être racheté par des entreprises nationales d’ici le début de la prochaine saison. Ils sont en contact avancés, dira-t-il. En somme, la stratégie consiste, à défaut de trouver des investisseurs qui s’intéressent vraiment au championnat algérien, à revenir à la politique sportive des années 70 en «affectant» chaque club à une entreprise publique. C’est dans cette optique qu’on parle de plus en plus du rachat des actions de l’USM Harrach par la compagnie aérienne Air Algérie. Certains affirment que les pourparlers sont à un stade avancé alors que d’autres affirment le contraire.

En parallèle, des investisseurs qataris seraient, selon des sources concordantes citées par les médias sportifs ces derniers jours, fortement intéressés par ce club algérois très populaire. Une éventualité qui a peu de chance de se concrétiser étant donné que la réglementation algérienne en matière d’investissement étranger n’est pas vraiment «attractive». La création d’entreprises de football est soumise à la même réglementation en ce qui est des autres filières. En d’autres termes, l’investisseur étranger n’aura pas le droit d’acquérir plus de 49% d’une entreprise algérienne. On voit mal comment un investisseur étranger viendrait s’aventurer dans le football national tout en sachant que les règles de la commercialité ne sont pas appliquées en sa faveur. En plus, la configuration actuelle du football national permettra difficilement à une entreprise de football de réussir. Il ne reste donc à l’USMH qu’Air Algérie.

Au final, à défaut de réussir un processus lancé il y a de cela trois ans, les responsables de la chose footballistique préfèrent pérenniser l’illusion d’avoir professionnalisé le football en «forçant» les entreprises publiques à acquérir des clubs quitte à ce que leur gestion s’engouffrent dans des problèmes inextricables.

Elyas Nour

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