L’Adhésion de la Suède à l’OTAN : Les enjeux d’une Promesse à Ankara

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L'Adhésion de la Suède à l'OTAN : Les enjeux d'une Promesse à Ankara

Au cœur de l’Europe du Nord, une promesse semble sur le point d’être tenue. L’adhésion de la Suède à l’OTAN, longtemps en suspens, prend enfin forme. Le ministre suédois des Affaires étrangères, Tobias Billström, a annoncé récemment que la Turquie s’apprêtait à ratifier cette adhésion, marquant ainsi une étape cruciale dans les relations internationales. Cependant, les enjeux de cette décision ne se limitent pas à la Suède et à la Turquie, mais ont des répercussions bien au-delà de leurs frontières.

Les Attentes et les Incertitudes

Depuis mai 2022, le protocole d’adhésion de la Suède à l’OTAN attendait d’être validé par les 31 membres de l’Alliance atlantique. La Turquie et la Hongrie avaient émis des réserves, ralentissant ainsi le processus. La récente rencontre entre Tobias Billström et son homologue turc, Hakan Fidan, a ravivé l’espoir d’une résolution prochaine.

Toutefois, la prudence reste de mise. Comme l’a souligné Billström, « nous ne prenons jamais rien pour acquis ». La politique internationale est souvent faite d’incertitudes, et cette adhésion ne fait pas exception.

L’Écho de la Hongrie

La Hongrie, qui avait également émis des réserves, a affirmé qu’elle ne serait pas le dernier pays à ratifier l’adhésion de la Suède à l’OTAN. Cette déclaration laisse entrevoir une possible avancée dans le processus.

Le Parlement turc a commencé à examiner le protocole d’adhésion de la Suède à l’OTAN en novembre, marquant un pas en avant. Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, avait précédemment levé son veto en juillet, soulignant que la décision finale revenait au Parlement turc.

Pressions Internationales

L’engagement international en faveur de cette adhésion est clair. Le secrétaire d’État américain, Antony Blinken, a réitéré la nécessité pour la Turquie de ratifier l’adhésion de la Suède « aussi rapidement que possible ». La France, par la voix de la ministre Catherine Colonna, a également appelé à ne pas « perdre un jour de plus ». Les pressions internationales s’intensifient, mettant en lumière l’importance de cette adhésion pour l’OTAN.

Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a quant à lui exhorté la Turquie à ratifier l’adhésion de la Suède « dès que possible ». Il a souligné que la Suède avait rempli ses obligations, et que le moment était venu pour la Turquie de finaliser le processus d’adhésion.

L’Union Européenne et la Turquie : Un Nouveau Départ ?

L’Union européenne (UE), confrontée à l’impasse de ses relations avec la Turquie, cherche à repartir sur de nouvelles bases. Les négociations entre l’UE et la Turquie étaient gelées depuis 2018, mais il semblerait que l’heure d’un nouveau départ ait sonné.

Josep Borrell, chef de la diplomatie européenne, et Oliver Varhelyi, commissaire européen en charge des pays voisins de l’UE, ont proposé de rouvrir un dialogue à haut niveau avec Ankara. Ils souhaitent également améliorer la coopération sur des sujets « d’intérêt commun », tels que les migrations, l’énergie, le commerce, ou encore l’attribution de visas aux ressortissants turcs.

Sur la question des visas, Oliver Varhelyi a plaidé en faveur de l’octroi de visas à multiples entrées et pour des durées plus longues, une demande de longue date de la Turquie. Une « modernisation » de l’accord d’union douanière entre l’UE et la Turquie est également envisagée, compte tenu des échanges commerciaux croissants entre les deux parties.

Un Pas à la Fois

Il est important de noter que ces propositions sont assorties de prudence. Borrell et Varhelyi insistent sur la nécessité de procéder « étape par étape » et de manière « proportionnelle ». La possibilité de revenir en arrière à tout moment reste une option.

Dans le contexte de la guerre en Ukraine, l’UE souhaite également discuter avec la Turquie des moyens d’empêcher la Russie de contourner les sanctions décidées par les Occidentaux. La Turquie, membre de l’OTAN, a jusqu’à présent refusé de prendre des sanctions contre la Russie.

Ces recommandations doivent encore recevoir l’aval des 27 États membres de l’UE avant de pouvoir être mises en œuvre. L’avenir des relations entre l’UE et la Turquie reste donc à écrire.

L’adhésion de la Suède à l’OTAN, en passe d’être ratifiée par la Turquie, constitue un moment clé dans les relations internationales. Les pressions internationales en faveur de cette adhésion soulignent son importance pour l’Alliance atlantique. Parallèlement, l’UE cherche à renouer le dialogue avec la Turquie, ouvrant ainsi la porte à de nouvelles opportunités de coopération. Cependant, la prudence reste de mise, et l’avenir des relations internationales demeure empreint d’incertitudes. Dans un monde en constante évolution, chaque pas vers la coopération et la compréhension mutuelle est un pas dans la bonne direction.

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