USA-SMALLBUSINESS/ Deux concepts utilisés dans le langage militaire me semblent appropriés pour désigner le bilan des 100 jours du Président Barak Obama, changement de tactiques mais pas de stratégie, les USA entendant toujours rester la première puissance à la fois miliaire et économique du monde : voeux pieux ou réalité, l’avenir nous le dira.

1- Du point de vue des relations politiques internationales , le nouveau locataire de la maison blanche à la différence de son prédécesseur entend , dans la constance de la politique étrangères des USA, changer de tactiques et privilégier le dialogue comme en témoigne ses postions vis-à-vis de la volonté de faire cohabiter deux États, Israël qui constitue leur allié stratégique, et la Palestine pour stabiliser la situation au Moyen orient, de la renégociation du bouclier antimissile avec la Russie, le dialogue entre le monde musulman et l’Occident dont l’Iran qui constitue un pays stratégique pour la nouvelle politique tant au Moyen Orient qu’en Asie, , le retrait progressif des forces armées de l’Irak mais pas de l’économie qui rappelons le constitue le deuxième réservoir en termes de potentialités exportatrices de pétrole après l’Arabie Saoudite, pour concentrer les forces militaires en l’Afghanistan, tout en n’excluant pas une entente avec les talibans modérés. C’est que l’enjeu majeur du XXIème siècle est l’Asie face à la montée en puissance de la Chine, pour permettre d’asseoir la suprématie des États-Unis d’Amérique d’où l’importance d’une stabilisation de l’axe Afghanistan/Pakistan,( une déstabilisation aurait un impact également sur la Russie et la Chine expliquant leurs positons dans ce domaine ) sans oublier les deux alliés traditionnels des USA à savoir le Japon et l’Inde. En effet la réal politique l’emportant, les USA sont conscient tant en Asie , en Amérique latine avec la montée des forces de gauche (d’où le rapprochement récent avec Cuba et dans un proche avenir avec le Vénézuéla pays d’ailleurs dont les exportations d’hydrocarbures sont en majorité destinées a marché américain, ), au niveau du monde musulman, de l’Afrique, de la détérioration de leurs images qui pourrait se répercuter à terme sur leur poids économique notamment avec la naissance des pays émergents . D’où la sélection de 13 pays émergents lors de la réunion du G20, sélection non innocente , le total représentant plus de 60% de la population mondiale mais surtout 80% de la richesse de la planète.

2-La nouvelle politique économique américaine tient compte à la différence de 1929 où nous assistions à des Etats Nations, que le monde actuel est caractérisée par l’interdépendance accrue des économies (mondialisation), que la crise mondiale qui est une crise inégalée depuis la seconde guerre mondiale comme en témoigne le rapport de mars 2009 de l’OCDE pour qui le produit intérieur brut (PIB) cumulé du club des 30 devrait chuter de 4,3% en 2009 et se stabiliser à -0,1% en 2010. Le commerce mondial, lui, pourrait chuter de 13%, le chômage, lui, devrait être à 10,1% en zone euro en 2009, 11,7% en 2010 ; 9,1% au Etats-Unis en 2009 , 10,3 en 2010, le chômage doublant par rapport à son niveau de 2007 dans les pays du G7 et le rapport du FMI du 22 avril 2009 que la crise sera d’une longue durée (niveau antérieur à la crise 2013/82014) et que la solution, ne peut être que globale. Car l’économie mondiale a connu une perte en sous capitalisation estimée fin février 2009 par le FMI à plus de 52.000 milliards de dollars. Le grand quotidien Times de Londres (citant le FMI) évalue à plus de 4000 milliards de dollars les actifs toxiques fin février 2009 et ce n’est que provisoire

3-Cependant, sur le plan économique l’objectif stratégique est toujours d’ asseoir la suprématie des USA,et il n’est pas question de remettre en cause les fondements du système économique international assis sur la suprématie du dollar qui représente actuellement plus de 60% des transactions mondiales Comme en témoigne, la position des USA le 02 avril 2009 lors de la rencontre du G20 à Londres. Bien que soutenant le principe d’une surveillance indépendante du FMI sur les économies et les secteurs financiers,nous avons assisté à trois positons divergentes : celle des USA qui privilégie la relance à travers le déficit budgétaire ; celle de l’Europe qui privilégie une nouvelle régulation mondiale et enfin celle des pays émergents dont le Brésil, la Chine et la Russie privilégiant à la fois une nouvelle régulation mondiale mais l’instauration d ‘une nouvelle monnaie internationale pour limiter la suprématie du dollar. Car, rappelons que depuis 1971 le dollar a été déconnecté vis vis-à-vis de l’or permettant aux USA une émission de dollars non proportionnelle à la croissance de l’économie réelle c’est à dire un financement à crédit

4- Donc fidèle à leurs principes, les USA , en plus de l’application du plan de l’assainissement du secteur financier( banques et assurances ) qui n’est pas terminé , qui a nécessité plusieurs centaines de milliards de dollars , le nouveau président a proposé à travers le déficit budgétaire qui dépassera courant 2009 plus de 1750 milliards de dollars un plan de relance approchant les 800 milliards de dollars, dont 550 destinés à plus de 80% au secteur privé ( car la théorie keynésienne s’inscrit dans le cadre de l’économie libérale avec un rôle accrue à l’Etat régulateur ) et 250 destinés à l’allégement fiscal afin de lutter contre les effets négatifs de la crise des prêts hypothécaires d’août 2007 Car les banques ont fait des prêts immobiliers à des ménages insolvables ou présentant peu de garanties, à des taux d’intérêts élevés ; il s’en est suivi la diffusion des mauvaises créances dans le marché à l’échelle mondiale. Et avec le retournement du marché immobilier les ménages ont été  incapables d’honorer leurs remboursements entraînant des pertes pour les banques. D’où une crise de confiance et depuis juillet 2007, cette situation paralyse le marché interbancaire, les banques ne se prêtant plus craignant que leurs homologues soient dans une ligne rouge; et enfin, intervention des banque centrales en injectant plusieurs centaines de milliards de dollars, de yens, de livres sterling et d’euros de liquidités et avec des taux d’intérêts directeurs allant vers zéro, limitant ainsi toute politique monétaire future.

Car cette économie d’endettement s’explique fondamentalement par le fait que le taux d’épargne des ménages tend vers zéro du fait de l’écart croissant entre les salaires avec une détérioration accrue du pouvoir d’achat que la détérioration du marché de l’emploi avec la crise amplifie les tensions sociales et les profits avec la dominance des rentes spéculatives (suprématie de la sphère financière sur la sphère réelle).

5- Enfin dernière nouveauté de la politique économique l’instauration d ‘un nouveau modèle de consommation énergétique fondé sure les énergies alternatives en débloquant plus de 150 milliards de dollars , qui devrait se mettre en place horizon2015/2020, et l’adhésion à la protection de l’environnement ( Accord de Kyoto). C’est que les entreprises qui veulent bénéficier de l’aide de l’Etat fédéral (cela s’applique à tous les pays développés et émergents) s’engagent notamment dans le transport et la construction pour les premiers à produire de nouvelles gammes hybrides ou électriques et pour les seconds à utiliser des méthodes d’isolation renforcer les économies d’énergie. C’est que le nouveau programme énergétique du président USA, à la différence des républicains liés aux intérêts des lobbys pétroliers texan, influera sur le futur cours du pétrole , le prix de cession du gaz lui étant indexé . Sans oublier le recyclage du Co2 du charbon dont les réserves aux USA sont le double en termes d’efficacité énergétique que toutes les réserves prouvées de l’Arabie Saoudite. Le programme du président Barak Obama promet de construire une reprise soutenable et verte notamment en investissant dans les technologies propres, innovantes et efficaces sur le plan énergétique et mettre fin à dépendance vis-à-vis de l’OPEP d’ici 15 ans maximum.
En conclusion, les responsables politiques des pays riches peuvent-ils continuer à négliger les pays en développement, ou les abandonner aux règles des marchés mondiaux. Une telle approche ne mène t-elle pas vers une crise humanitaire comme le souligne récemment la FAO et donc des conflits futurs qui menacent l’avenir de notre planète.

Docteur Abderrahmane MEBTOUL, Professeur des Universités, Expert International.

NB
– voir interview à la radio algérienne chaîne III ; le bilan des 100 jours du président Barak Obama diffusion 29 avril 2009

– Voir la contribution du docteur Abderrahmane Mebtoul contribution sur le site 04 novembre 2008 : « Barak Obama Président des Etats-Unis d’Amérique, quelle politique » www.campaigniran.org/casmii/index.php?q=node/6757

Originally posted 2009-04-29 23:42:40.

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