Par F | octobre 19, 2012 9:04
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La France fait, enfin, preuve de «lucidité». Une fois n’est pas coutume, l’Elysée pond un communiqué pour reconnaître  les massacres du 17 octobre 1961. Le président français, François Hollande, a même parlé de «répression sanglante» de cette manifestation en faveur de l’indépendance de l’Algérie organisée à Paris.

“Le 17 octobre 1961, des Algériens qui manifestaient pour le droit à l’indépendance ont été tués lors d’une sanglante répression”, a reconnu ainsi François Hollande dans ce communiqué historique de l’Elysée. François Hollande est allé jusqu’à rendre hommage  «à la mémoire des victimes», a-t-il encore ajouté, à l’occasion du 51ème anniversaire de ces évènements. Pour plusieurs observateurs avertis, il s’agit d’un geste fort et significatif qui contribuera  à apaiser «la guerre des mémoires».  Même la diplomatie algérienne n’a pas été indifférente aux déclarations de François Hollande. «Par la voix de son président, la France a rendu hommage à la mémoire des victimes de la répression sanglante du 17 octobre 1961 en reconnaissant cette tragédie. Nous saluons cette prise de position», a écrit, le porte‑parole du ministère des Affaires étrangères, Amar Belani,  sur son compte Twitter.

Selon le même interlocuteur, cette position «rejoint la volonté exprimée par les plus hautes autorités des deux pays de se tourner vers l’avenir en exorcisant le passé à travers un examen lucide, courageux et objectif de notre Histoire commune».

La satisfaction  d’Alger semble pleine et entière. Mais est-ce pour autant suffisant pour tourner une page douloureuse et cruelle ? Faut-il pour autant que l’Algérie cesse de réclamer de la France des excuses officielles sur les crimes commis durant la colonisation ? Pour de nombreux algériens, certainement pas ! On ne guérit pas une blessure béante avec un simple communiqué.  Pour cicatriser les blessures de l’histoire commune et instaurer la sérénité dans les relations entre l’Algérie et la France, il faut beaucoup plus qu’un communiqué.

Les milliers de victimes du 17 octobre et les millions d’autres massacrés durant plus de 130 ans de colonisation hanteront toujours nos esprits en l’absence d’une loi mémorielle. Seule une telle loi  pourrait instaurer la décrispation entre les deux peuples. La France n’a-t-elle pas établi une loi mémorielle le 29 janvier 2001 pour reconnaître publiquement le génocide arménien de 1915 ?

Le 21 mai 2001,  la loi Taubira a été promulguée pour reconnaitre  la traite et l’esclavage en tant que crimes contre l’humanité. Qu’est-ce qui empêcherait donc les élus français de procéder à l’élaboration d’une loi pour reconnaître a minima le massacre voir le génocide algérien ? On attendra le prochain communiqué de l’Elysée pour avoir la réponse…

Découvrez le témoignage de l’historien Jean-Luc Einaudi sur les évènements.

La rédaction

 


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