Affaire Amira Bouraoui : un chercheur en géopolitique arrêté pour complicité de fuite

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amira bouraoui

L’affaire Amira Bouraoui continue de faire des remous en Algérie. Depuis la fuite de l’universitaire condamnée à plusieurs reprises, les autorités algériennes ont intensifié les investigations pour déterminer les complices qui ont facilité sa fuite vers la Tunisie. Dans ce cadre, plusieurs personnes ont été arrêtées.

Selon des source médiatiques, le chercheur en géopolitique Raouf Farah a été interpellé avec son père mardi 14 février par la section de recherches de la Gendarmerie nationale d’Annaba. Sa mère a également été interrogée avant d’être relâchée.

Raouf Farah est connu pour son travail sur les questions liées au crime organisé pour le centre de réflexion Global Initiative, et collabore avec le journal algérien en ligne Twala.

Les autorités soupçonnent les deux hommes d’avoir aidé Amira Bouraoui à quitter le territoire algérien en direction de la Tunisie début février, malgré ses condamnations en Algérie. Celle-ci a ensuite embarqué pour Lyon (France) depuis l’aéroport international de Tunis.

Les services consulaires français sont intervenus auprès des autorités tunisiennes pour permettre à Amira Bouraoui, qui détient également la nationalité française, d’embarquer pour la France au lieu d’être reconduite en Algérie pour être entrée illégalement en Tunisie.

Les arrestations de Raouf Farah et de son père viennent s’ajouter à une liste croissante de personnes arrêtées dans le cadre de cette affaire. Les autorités algériennes poursuivent leurs investigations pour déterminer l’implication de chacun dans cette affaire.

L’Algérie et la France s’opposent dans l’affaire Amira Bouraoui

L’affaire Amira Bouraoui continue de faire des vagues entre l’Algérie et la France. La médecin gynécologue, activiste politique et animatrice d’une émission sur Radio M a quitté l’Algérie pour la France début février, en dépit de sa condamnation à deux ans de prison ferme pour « offense aux préceptes de l’Islam » et « offense au président de la République ».

La France a déclaré qu’elle n’avait fait que fournir une protection consulaire à une ressortissante française. Cependant, l’Algérie a qualifié l’événement d' »exfiltration clandestine et illégale » et a rappelé son ambassadeur en France en signe de protestation.

Plusieurs personnes ont été arrêtées dans le cadre de l’enquête sur l’affaire. Mustapha Bendjama, journaliste au journal Le Provincial, est soupçonné d’avoir facilité la fuite d’Amira Bouraoui, tandis que sa mère, sa sœur et son cousin sont également maintenus en garde à vue.

Le chercheur en géopolitique Raouf Farah a également été arrêté pour avoir aidé Amira Bouraoui à quitter le territoire national. Le chercheur, qui travaille pour le centre de réflexion Global Initiative, est actuellement en garde à vue avec son père.

Les autorités algériennes n’ont pas encore communiqué sur l’enquête relative aux circonstances dans lesquelles Amira Bouraoui a quitté le pays alors qu’elle était sous le coup d’une interdiction de quitter le territoire national.

Cette affaire risque de causer des tensions diplomatiques entre l’Algérie et la France, alors que les deux pays ont des relations déjà tendues.

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