Les universités algériennes pourront désormais entreprendre des activités économiques ou commerciales. C’est ce qui aurait été décidé, apparemment, par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique, à travers un arrêté ministériel sous le numéro 353, comme l’a révélé dimanche le quotidien arabophone El Khabar.

Selon ce dernier, une nouvelle réglementation va voir le jour pour permettre aux universités algériennes d’offrir des prestations comme le font les bureaux d’études ou les laboratoires d’analyses médicales. Il s’agit, donc, de travaux d’études, de missions d’analyses ou de contrôles, de l’organisation de séminaires et autres journées d’études, l’audit et le conseil dans divers secteurs, l’impression ainsi que l’édition de revues et d’ouvrages. Les universités pourront également proposer de la formation au profit des techniciens pour les entreprises contre rémunérations.

Tout cela est nouveau pour l’université algérienne qui changera donc de statut. Est-ce un début de privatisation ou d’ouverture vers le secteur privé ? Pour l’instant, les universités algériennes resteront étatiques. Néanmoins, avec ces nouvelles missions, il n’est pas à écarter que, peu à peu, les autorités se dirigent inéluctablement vers une privatisation graduelle. L’objectif de cette nouvelle orientation est, selon toute vraisemblance liée, au fait que les universités algériennes, à l’heure actuelle, manquent énormément de moyens financiers et pédagogiques. L’Etat veut les aider à s’autofinancer.

Cependant, les enseignants affichent leur inquiétude. Selon un responsable du Conseil national des enseignants du supérieur (CNES), le syndicat le plus représentatif du secteur universitaire, ce changement de cap pourrait se faire au détriment de la mission première de l’université qui est d’assurer un enseignement adéquat aux étudiants. D’autant plus que c’est la rentabilité qui devient la règle à suivre. Effectivement, cet arrêté ministériel fixe les parts de tous les intervenants dans les revenus d’un travail ou prestation fournie par l’université. Ainsi, le trésor de l’université va acquérir 25% du revenu, alors que 5 % reviendront au service ayant été chargé de la mission, 15% pour la caisse nationale de la recherche scientifique et 5 % pour la caisse sociale. Les 50% restants seront partagés entre tous ceux qui ont contribué au travail commercialisé.

Elyas Nour   

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